Publié le mardi 02 mars 2010 à 11H00 - Vu 48 fois
Ne parlez pas de pavillonneurs. Dites plutôt constructeurs de maisons individuelles (CMI). La profession sait que les pavillonneurs n'ont pas toujours bonne presse.
Dans cette sphère de la construction neuve, la crise de l'immobilier a aussi produit ses effets. Ala société Maisons Agora, dont le siège est à Reims, l'activité a chuté de 50 % en 2009. « Manque de confiance en l'avenir », analyse le patron, Francis Dupont. À 63 ans, il peut se prévaloir d'une bonne connaissance du métier et du marché. » Les gens ne veulent plus s'endetter dans le temps. Ils se demandent s'ils arriveront toujours à rembourser un emprunt de 200 000 euros ».
Cette perte de confiance touche une clientèle pourtant composée, pour moitié, de fonctionnaires qui ont la sécurité de l'emploi, s'étonne Francis Dupont. « Les clients se renseignent. Mais ils ont du mal à se décider. Or de l'argent, on en trouve. Des terrains aussi. » Il n'y aurait même jamais eu autant de terrains disponibles, du fait d'une moindre demande de permis de construire.
Une situation a priori nouvelle si l'on en croit Catherine Roussel, PDG de la société Progesim, implantée à Reims et dans l'Aisne. « L'arrivée du TGV a longtemps gelé des terrains dans l'attente des Parisiens »…Qui ne sont jamais venus. En attendant, les prix ont grimpé, jusqu'à créer des conditions défavorables. « Il ne faut pas que le coût de la maison atteigne un budget supérieur à celui du terrain. Le client préfère privilégier la maison. »
Alors comment ces petits constructeurs se sont-ils adaptés à la crise de l'immobilier ? Francis Dupont a carrément divisé par deux son effectif initial de douze personnes. « Nous nous sommes diversifiés vers la construction d'immeubles. À Reims, je suis sur un chantier où tout est déjà vendu. » Catherine Roussel estime pour sa part que le marché reste actif. Surtout dans la Marne et l'Aisne. « La preuve, il y a de plus en plus de concurrents. » Pour alléger leur facture finale, sa société propose à des clients bricoleurs de réaliser eux-mêmes certains travaux de second œuvre.
Les « CMI » mettent aussi en avant la qualité et le confort de maisons individuelles construites sur mesure. Même si l'entrée de gamme relève de modèles « catalogue ». Et puis « faire construire sa maison revient encore moins cher », assure Catherine Roussel. « Aux alentours de 200 000 € selon un budget moyen », évalue le patron de Maisons Agora.
À ce prix- là, on peut toujours trouver moins cher dans de l'ancien. Mais le client n'est pas à l'abri de mauvaises surprises. Et un budget pour de la remise en état, ou des transformations, n'est alors pas à exclure. « Avec du neuf, vous êtes tranquilles pour vingt ans », font valoir les professionnels de la construction. « Le client a ce qu'il veut, et il est assuré d'une garantie de dix ans. » Une maison neuve répondra également aux spécifications les plus récentes en matière d'isolation et d'économies d'énergie. Mais Francis Dupont n'en démord pas : « Vous pouvez mettre en avant tous les avantages et des prêts à taux zéro. Si les gens n'ont pas une vision claire de l'avenir, même sans être concernés par le chômage, ils ne franchiront pas le pas. L'investissement dans une maison relève d'un acte émotionnel fort. »
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Plus d'avantages qu'avec l'ancien
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