Publié le mardi 16 mars 2010 à 11H09 - Vu 36 fois
Activité. La région perd des emplois industriels. Mais ses bastions ont résisté jusqu'à présent à la crise.

Stopper l'hémorragie de l'industrie française. C'est le mot d'ordre que vient de lancer le président de la République, tirant ainsi les conclusions des Etats généraux de l'industrie. L'objectif est d'augmenter la production de la France en volume (hors secteur de l'énergie) de 25 % d'ici 2015. Une ambition à la hauteur du déclin d'un secteur qui a perdu près de deux millions d'emplois (entre 1980 et 2007).
La Champagne-Ardenne a suivi le même mouvement, un poste de travail sur quatre ayant disparu (entre 1990 et 2006), selon l'Atlas industriel de l'Insee. La crise que traverse cette région de tradition industrielle, depuis plus d'un an maintenant, paraît avoir accéléré le phénomène. Entre le troisième trimestre 2008 et la fin 2009, la Champagne-Ardenne a accusé une perte nette de 253 établissements industriels ! Mais la forte proportion d'établissements de moins de dix salariés (174 sur 253) relativise un peu le nombre d'emplois détruits.
Dans la région, le nombre d'établissements relevant de la convention de la métallurgie (prédominante) est « seulement » passé de 1 400 en 2002, à 1 371 en 2009. « Il faut aussi tenir compte des créations » relève Lionel Vuibert, secrétaire régional de l'UIMM.
« Le socle industriel a tenu »
En terme d'effectifs, l'érosion est plus marquée dans la métallurgie. De 55 072 emplois en 2003, la région n'en compte plus que 50 000 à fin 2009. « Entre 1997 et 2003, les effectifs étaient restés stables, oscillant entre 54 000 et 56 000 salariés ». Lionel Vuibert met en balance cette baisse de 10 % des effectifs, avec les 25 % de gains de productivité de l'industrie… Dans le même temps, les entreprises de ce secteur ont externalisé plusieurs activités (maintenance, transport, gardiennage, etc). Et un certain nombre d'emplois ont été basculés sur l'intérim (10 % à 12 % en effectifs constants).
« La perte d'effectifs n'est pas forcément synonyme de perte d'établissements industriels » résume Gérard Maubrey, président régional de l'UIMM. Et les entreprises qui se délocalisent, » sont généralement celles qui ont maintenu leurs effectifs localement. Cela leur a permis de capter des marchés »
Le cataclysme annoncé ne se serait donc pas (encore ?) produit. « Le socle industriel a tenu » estime-t-on à l'UIMM. Dans les industries agro-alimentaires notamment, l'Aisne (produits alimentaires) et la Marne (champagne, céréales) tirent bien leur épingle du jeu. Mais des entreprises perdent aujourd'hui en compétitivité, face à leurs concurrents étrangers. L'innovation nécessaire à la sortie de crise- tout comme le maintien des effectifs- se heurterait, dans la métallurgie en particulier, à des banquiers pointés comme décidément trop frileux.
Dossier Dominique Herbemont
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez