Publié le vendredi 19 mars 2010 à 11H00 - Vu 104 fois
Que deviendra ce bar, après plus de vingt ans d'existence ?
Six ans après avoir repris l'établissement, le patron du Z'Aisne met la clé sous la porte. Aucun repreneur ne s'est, pour l'instant, manifesté.
UNE « institution », une de plus, à Hirson, qui ferme ses portes. Depuis le 10 mars, on trouve, en effet, porte close au Z'Aisne, le bar brasserie PMU de la place de la Gare.
Selon les anciens propriétaires, l'établissement faisait partie du paysage hirsonnais depuis plus de vingt ans. Il y a six ans, Thierry David en reprenait les rênes et hissait le bar brasserie au rang de PMU. En ville, seul un autre bar, le café du Marché, place Jules-Décamps, assure cette fonction aujourd'hui.
Si le propriétaire a décidé de mettre la clé sous la porte, c'est en partie en raison de ses problèmes de santé. « J'ai été opéré récemment. Je suis aujourd'hui à plat et ne peux plus diriger l'établissement », indique-t-il.
Entre les lignes, Thierry David nous fait aussi comprendre que la mauvaise conjoncture nationale et locale n'y est pas pour rien.
Le Z'Aisne est situé à l'entrée de la ville, à l'arrivée de la pénétrante entre Buire et Hirson et son ancien propriétaire commentait déjà, en décembre dernier, la difficulté d'attirer des clients dans un quartier déserté. « Entre la signalisation routière inadaptée, la vitesse excessive des automobilistes et le manque d'entretien des espaces verts, le quartier pourrait être bien plus attractif », racontait-il alors, pour le premier anniversaire de la pénétrante.
Pourtant, à l'inauguration de ce nouvel espace économique, la communauté de communes du pays des Trois-Rivières avait, à l'origine, l'intention de « créer une nouvelle entrée de ville pour desservir la zone d'activités, résorber la friche ferroviaire et enfin, rendre plus accessible et rénover le quartier de la gare », comme cela a été affirmé dans les discours.
Un an et demi plus tard, le Z'Aisne, qui donnait depuis quelque temps des signes de faiblesse, ferme ses portes.
Concurrence déloyale
Aujourd'hui, c'est la conjoncture économique que Thierry David évoque avec plus d'amertume : « Au niveau national, il y a eu la loi anti-tabac qui nous a minés, alors qu'à une dizaine de kilomètres, au-delà de la frontière belge, on peut fumer dans les établissements et les tarifs sont plus bas. »
Une « concurrence déloyale, en quelque sorte, à laquelle vient s'ajouter, selon Thierry David, une augmentation des charges, des impôts à la TVA, quasiment multipliés par deux et le manque de confiance des établissements bancaires qui ont classé les bars dans la catégorie « commerces à haut risque », ce qui ôte tous débouchés pour ces établissements. » Aucun repreneur ne s'est, pour l'instant, manifesté et Thierry David craint que ce soit le cas encore longtemps. « Lorsque dans une ville de moins de 10 000 habitants, un grand établissement de détente et de loisirs rafle toute la mise, que reste-t-il aux plus petits ? »
Delphine OLIVA
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