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Extension de la communauté d'Emmaüs à Courtisols La nouvelle pierre de l'abbé

Publié le mercredi 17 mars 2010 à 11H00 - Vu 308 fois


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Une citation de l'abbé Pierre, roulée dans un étui en métal, a été glissée dans le premier moellon du mur.

Une citation de l'abbé Pierre, roulée dans un étui en métal, a été glissée dans le premier moellon du mur.


«JAMAIS nous n'accepterons que notre subsistance ne dépende d'autre chose que notre travail. » Signé l'abbé Pierre pour cette promesse à l'époque, il y a soixante ans, du lancement de la grande affaire de sa vie : les chiffonniers d'Emmaüs. Cette phrase, comme d'autres, a été inscrite noir sur blanc sur un parchemin. Lequel a été roulé dans un étui de métal, glissé avant scellement dans le premier moellon d'un mur d'extension de la communauté d'Emmaüs de Courtisols : « Les phrases de l'abbé, on les a tous dans la peau » s'émeut un compagnon, tandis que Michel Lemoine, le président répétait à l'envie : « Nous ne demandons jamais la charité ».
Vendredi après-midi donc, il s'agissait de donner les trois coups des travaux qui ouvriront l'accueil à cinq personnes supplémentaires, soit treize personnes au lieu des huit actuelles. Un investissement lourd (430.000 euros), avec au passage une remise aux normes et la construction d'une cuisine digne de ce nom. Le résultat final (dans un an environ) renvoie déjà Jean-Luc Mollet le directeur à quinze ans en arrière : « Quand je suis arrivé ici il y a quinze ans et que j'ai vu cette vieille ferme, je me suis dit franchement que j'allais faire demi-tour. Je suis resté et je n'ai jamais regretté. A l'époque, tout était à faire avec les compagnons bâtisseurs. À l'origine, on construisait sans permis. Maintenant, c'est fini, je le jure ».
Une marée de la désespérance
Cet investissement a été rendu possible pour l'essentiel par des fonds publics, d'autres provenant de quelques partenaires privés, et par un solde financé par un emprunt.
S'il s'est bien sûr félicité de ces cinq logements supplémentaires, Patrick Dubois président d'Emmaüs France a profité de l'occasion pour tirer une sonnette d'alarme à l'adresse des élus : « La marée de la désespérance monte. Il y a deux fois plus de surendettement. L'année prochaine, 300.000 personnes seront en fin de droit ». Un chiffre revu même à la hausse par Gérard Berthiot : « Soit mille personnes bientôt sans ressources, a corrigé le vice-président du conseil régional, c'est un raz de marée social ».
Président du conseil général, René-Paul Savary a axé son propos aux responsables d'Emmaüs sur le thème de la complémentarité : « Tournez-vous vers nos services sociaux ». Député-maire de Châlons, Bruno Bourg-Broc a mis en avant les valeurs de respect « de la personne humaine », de la communauté tandis que le sénateur Yves Detraigne expliquait : « notre société a besoin d'initiatives comme celle-ci ».
Maire de Courtisols, Hubert Arrouart, qui se félicite par ailleurs de la bonne entente entre la communauté et sa commune, a salué dans les compagnons, « acteurs du tri sélectif ». Sans doute un des aspects concrets « des possibilités de chaque homme », rappelée par Gilbert Louis, l'évêque du diocèse.
Fabrice MINUEL

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