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Du béton high-tech au Boulingrin

Publié le mardi 16 février 2010 à 09H23 - Vu 197 fois


Olivier Janier-Dubry, dans son atelier, avec une reproduction d'une porte du Boulingrin.            J.B

Olivier Janier-Dubry, dans son atelier, avec une reproduction d'une porte du Boulingrin. J.B


Partner Engineering. Cette société est plus connue sur les chantiers de prestige internationaux que dans son berceau rémois. L'entreprise spécialisée dans le béton fibré à ultra-hautes performances (« Befup »), plus léger, résistant et écologique que les autres bétons, a de jolies références. Elle est intervenue sur les chantiers de l'hôtel de L'Hermitage à Monaco, du centre de conférence international de Hanoï (Vietnam), du temple bouddhiste international de Roqueredonde (Hérault), d'un hôtel de ville pharaonique de Tahiti ou de villas de milliardaires sous les tropiques. Mais, en quinze ans d'activité, son savoir-faire pour la construction et la rénovation de façades, colonnes, corniches ou frontons n'avait jamais pu s'exprimer dans la région. Ce sera bientôt chose faite puisque cette PME de quinze personnes fait partie des entreprises retenues par la ville de Reims pour la réhabilitation des halles du Boulingrin. A-t-on privilégié l'enfant du pays ? « Pas du tout, répond le PDG et fondateur, Olivier Janier-Dubry. Simplement un heureux hasard a fait que nos compétences correspondaient aux besoins techniques du projet ».
Le Boulingrin est un chantier hors du commun à l'image d'un bâtiment classé monument historique et dont l'architecture, comme les techniques de construction, avaient attiré des hommes de l'art du monde entier entre les deux guerres. Rapidement, en raison d'un « déséquilibre thermo-hygrométrique » provoqué notamment par le remplacement de vitrages, le béton du bâtiment s'était dégradé. Fermé au public pour des raisons de sécurité depuis 1989, il a été relégué pendant deux décennies à la fonction de monument en péril, dans l'attente que soit réuni un budget de rénovation, qui s'élève au final à 31 millions d'euros.
Partner Engineering va s'occuper de la réfection des faux plafonds sous les mezzanines ainsi que du remplacement des verrières des façades et des voûtains dans le cadre d'un groupement avec le façadier MGB de Reims. En plus, le « composite ciment verre », une variété de « Befup » dont Partner Engineering est l'un des deux spécialistes en France, a été préconisé par l'architecte des bâtiments de France en charge de ce projet, ce qui pourrait déboucher sur des commandes de fournitures.
Le Boulingrin devrait représenter une enveloppe de travaux de 1,5 million d'euros sur deux ans pour une entreprise dont le chiffre d'affaires annuel est de 2 millions d'euros. « Nous avons un carnet de commande de trois ans devant nous » se satisfait Olivier Janier-Debry. Un jeune patron qui avait dû déposer le bilan en 2005 en raison d'un gros impayé. Il avait préféré redresser que liquider. Le chantier rémois donne une nouvelle raison à sa persévérance.

Julien Bouillé

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