Publié le mardi 22 juin 2010 à 09H49 - Vu 65 fois
L'emploi intérimaire a le plus souffert de la conjoncture. Dans l'industrie et l'automobile en particulier, le chômage partiel a souvent permis d'éviter des licenciements. La région a néanmoins perdu plusieurs milliers d'emplois.
Le bilan économique et social de l'Insee pour l'année 2009, fait apparaître bien des similitudes entre la Champagne-Ardenne et la Picardie. Ces régions industrielles du Nord, dominées par la sous-traitance automobile, ont été plus frappées que d'autres depuis le début de la crise.
Elles partagent des scores peu enviables dans la destruction d'emplois. Et un fort recul de l'emploi intérimaire, le premier à faire les frais de toute forme de récession. En Champagne-Ardenne, il a diminué du tiers en deux ans. Au second trimestre 2009, la Picardie comptait 10 000 emplois intérimaires de moins que début 2008 ! Les deux régions ont aussi connu, au second semestre 2009, une reprise simultanée de l'intérim consécutive à une embellie dans l'industrie.
Par départements, l'Aisne est celui qui a été le plus durement frappé en Picardie, avec 6 400 emplois marchands perdus en 2008-2009. Les services aux entreprises, et le commerce en général font partie des secteurs impactés.
L'Aisne rejoint ainsi la Vallée de la Meuse, et la Marne moyenne dans ce « hit-parade » des zones d'emploi industrielles les plus touchées. Au 4e trimestre 2009, le taux de chômage de l'Aisne culmine à 13,6 %, quand il n'est « que » de 11,4 % en Picardie. Cette région a davantage souffert que la Champagne-Ardenne, où le taux de chômage était de 10 %. Contre 9,6 % à l'échelon national.
L'emploi intérimaire, premier frappé
Avec un tel niveau de chômage, et 24 000 emplois perdus en deux ans, dont 8 000 emplois intérimaires, contre 17 000 emplois en Champagne-Ardenne, la Picardie se classe au second rang des régions, a calculé l'Insee. « Derrière la Franche-Comté, à égalité avec la Lorraine pour l'emploi. »
Si la Champagne-Ardenne perdait déjà des emplois, avant même la crise (- 0,5 % par an en 2007-2008), le chômage a progressé moins rapidement ensuite, qu'au plan national. Le recours, très important, aux mesures de chômage partiel, dans les Ardennes notamment, et à des plans d'insertion professionnelle - 30 000 personnes concernées en 2009 - a eu un effet d'amortisseur. L'Insee y ajoute le nombre record de créations d'entreprises, en particulier sous le régime d'auto-entrepreneur. Soit + 87 %, contre 75 % en moyenne française.
En revanche, les hommes ont été beaucoup plus frappés que les femmes par le chômage (+ 28,6 %). En particulier les demandeurs d'emploi de 50 ans et plus.
En Picardie, toutes les entreprises ont été impactées par la crise, celles de moins de 50 salariés l'ayant été encore davantage. La fermeture de Continental, à Clairoix, a été particulièrement lourde de conséquences. « Facteur aggravant, les établissements picards sont souvent sur des productions à valeur ajoutée relativement faible », ajoute l'Insee. Dans la Marne, la diversité du tissu productif a pu atténuer les dégâts de la crise sur l'Industrie. On pense notamment à l'agriculture, et au champagne dont les ventes ont toutefois marqué le pas en 2009.
Dominique Herbemont
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