Publié le mardi 06 avril 2010 à 11H24 - Vu 533 fois
Social. La convention collective du champagne, un exemple en France.
C'est le sujet quasi tabou en Champagne : le statut des salariés du champagne. Ce statut fait parler et est envié. On peut le comprendre, des générations d'ouvriers se sont succédé pour l'obtenir. Il n'y a encore pas si longtemps, de nombreux parents espéraient que leur progéniture puisse rejoindre la caste des ouvriers du champagne, tout comme au début du siècle dernier on aspirait à devenir les « seigneurs du rail ».
Passant du paternalisme du début du XXe siècle à la tripartite, les employeurs et employés champenois sont désormais indissociables. Cette convention est donnée en exemple en France, plus particulièrement dans tous les vignobles de l'Hexagone
Toutefois, il faut comprendre que cette fameuse convention collective du champagne s'adresse aux 4 000 salariés des maisons. Les 6 000 autres travaillant dans les coopératives ou dans les exploitations viticoles. Ces derniers relèvent eux d'une « petite convention ». Une « petite convention » plus difficile à défendre puisque ces salariés sont répartis sur des milliers de structures où il n'est pas aisé de faire du syndicalisme. Une majorité silencieuse.
Il reste également un élément incontournable pour pouvoir bénéficier de cette convention collective du champagne : être employé dans une entreprise reconnue comme maison de champagne.
80 % des 4 000 salariés travaillent dans les vingt premières maisons
Il existe d'ailleurs une définition officielle : « Une maison de champagne est une entreprise agricole et/ou industrielle et commerciale (et pas exclusivement agricole) qui contrôle les moyens matériels et humains nécessaires à l'élaboration et à la distribution mondiale d'une grande marque de champagne ». Environ 80 % des 4 000 salariés travaillent dans les vingt premières maisons (sur une centaine) en terme d'expéditions
La situation étant posée, il reste à déterminer ce fameux statut social.
Prenons en exemple un ouvrier polyvalent sur la chaîne de production : il possède également un savoir-faire lui permettant d'exécuter d'autres tâches, comme celles du dégorgement. Il a entre seize et vingt ans d'ancienneté (le cas le plus fréquent). Selon le coefficient appliqué, sa rémunération mensuelle s'élève à 1 951 euros brut (chiffres 2009) sur quatorze mois. Il reçoit une prime conventionnelle de 26 euros pour les transports. Une fois par an, une prime de vacances lui est versée. Elle se monte à 590 euros. Une fois par an, une prime de fin d'année correspondant à 325 heures (à 11,06 euros brut de l'heure) est également adressée. Cette prime dépend de l'absentéisme, et est calculée à son prorata.
Bien sûr, ces salaires et primes (sans compter les primes de participation et d'intéressement, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours) sont exposés là a minima, certaines maisons étant beaucoup plus généreuses.
Sophie Claeys-Pergament
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez