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Auto-entrepreneuriat / Trou d'air dans les créations

Publié le mardi 26 juin 2012 à 10H40 - Vu 41 fois


Reims Initiative vient de prêter plus de 77 000 euros à treize créateurs et repreneurs d'entreprise. En 2011, la création d'entreprise a faibli de 12,8 % par rapport à 2010 en Champagne-Ardenne.

Reims Initiative vient de prêter plus de 77 000 euros à treize créateurs et repreneurs d'entreprise. En 2011, la création d'entreprise a faibli de 12,8 % par rapport à 2010 en Champagne-Ardenne.


Depuis 2007, l'évolution des créations de sociétés est orientée à la baisse en Champagne-Ardenne (-1,3 %), contre +1,9 % au plan national. Cette tendance ressort de l'étude consacrée par l'Insee, qui s'est particulièrement attachée à l'année 2011. L'an dernier, 7 884 entreprises ont été créées en région dans les secteurs marchands non agricoles. Soit une baisse de 12,8 % sur 2010, comparativement à un recul de 11,9 % en France métropolitaine.
L'Insee note que ce repli survient après deux années de forte croissance portée par la mise en œuvre de l'auto-entrepreneuriat. Le rythme a chuté de 17,3 % en 2011, même si la part des auto-entrepreneurs reste majoritaire dans l'ensemble des créations (lire par ailleurs).

L'Institut de la statistique explique que « Dans la région comme au niveau national, les nouveaux projets d'entreprise individuelle, moins nombreux en 2011 (-16,1 %) entraînent à la baisse l'ensemble de la création ». Au hit-parade national, la Champagne-Ardenne se place en 15e position, certes loin devant la Franche-Comté qui est dernière du classement avec -19,5 % de créations en 2011.

Parmi les 10 997 sociétés régionales nées en 2011, plus de 81 % sont des SARL, leur poids ne cessant toutefois de se réduire au profit des SAS. Cette forme, plus souple dans ses statuts, ne nécessite plus aucun capital social minimum à la création. Les sociétés unipersonnelles, qui sont composées d'un associé unique, représentent en 2011 34,3 % des créations dans la région, contre 28,4 % en 2010. L'Insee constate par ailleurs que les quatre départements de la région sont impactés par la baisse des créations. Surtout dans les Ardennes (-15,6 %), alors que dans la Marne, la croissance des sociétés (+28,2 % d'EURL) ne parvient pas à compenser la baisse des créations d'entreprises individuelles.

Seulement 35,5 % des créateurs sont des femmes
Autre constat, la forte baisse des créations dans l'industrie (24,8 %), alors qu'il s'agit d'un secteur de prédilection dans la région, au même titre que le commerce et les services aux ménages. L'an passé, tous les secteurs d'activité ont été en baisse, hormis l'enseignement, la santé et l'action sociale. La construction paie notamment un lourd tribut à la baisse des auto-entrepreneurs, nombreux à s'engager dans cette voie. À noter également que la proportion de créations sans salarié au démarrage reste très élevée (94,5 %). Toutes proportions gardées, c'est le secteur du commerce qui est le plus gros pourvoyeur d'emplois.

L'Insee s'est aussi penché sur la place occupée par les femmes, qui sont à l'origine de 35,5 % des créations d'entreprises individuelles. Ce pourcentage est pourtant moindre qu'en France métropolitaine où elles représentent 37,6 % des créateurs. « La Champagne-Ardenne se situe, avec la Picardie, la Lorraine et la Franche-Comté, dans le tiers des régions françaises les moins féminisées en matière d'entrepreneuriat », constate l'Insee.
Comme au plan national, elles sont majoritaires dans les secteurs de l'enseignement, la santé et l'action sociale avec 58,4 % des projets.
À l'inverse, elles sont sous-représentées dans les activités liées à l'information et la communication, ainsi que dans le secteur de la construction.

Le tableau de bord

« La production industrielle a accusé un nouveau recul en mai », constate la Banque de France de Champagne-Ardenne, dans sa note de conjoncture portant sur ce mois de référence. Une baisse des commandes se vérifie sur le marché domestique. Et si les stocks de produits finis ont régressé, ils restent supérieurs à la normale. Dans le détail, on retiendra que si la production s’est maintenue dans l’industrie agroalimentaire, elle s’est stabilisée dans le matériel de transport, après deux mois consécutifs à la baisse, note la Banque de France. Mais si les prévisions de production sont favorablement orientées dans toutes les branches pour ce mois de juin, le matériel de transport ferait exception avec un quasi maintien de l’activité. Toujours dans l’industrie, le taux d’utilisation des capacités de production a poursuivi sa baisse au mois de mai. Concernant la fabrication de denrées alimentaires et de boissons, la production s’est stabilisée le mois dernier dans la région, la demande étant en repli sur le marché intérieur, tandis qu’elle est restée bien orientée à l’export. Les services marchands ont subi une activité en repli, après un mois d’avril plutôt bien orienté.

En Picardie également, l’activité industrielle est en baisse pour le mois de mai, vérifie la Banque de France. Exception faite du secteur alimentaire qui est en croissance. Et si les prix se caractérisent par une grande stabilité, les effectifs ne varient guère également, les transports étant le seul secteur à les faire progresser. La Banque de France relève que les carnets de commandes sont insuffisants dans l’industrie, sauf dans le transport. Dans les services marchands, l’activité et la demande sont en recul, les prévisions étant stables.

dominique herbemont
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