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Atelier œnologie Quand alcool et étudiants font bon ménage

Publié le jeudi 25 novembre 2010 à 12H00 - Vu 177 fois


On verse, on observe et on goûte. Mais avant, on écoute le topo du spécialiste.

On verse, on observe et on goûte. Mais avant, on écoute le topo du spécialiste.


SI on vous dit étudiants et alcool, à quoi pensez-vous ? A des mots comme beuverie, défonce, soûlerie, biture, gueule de bois voire vomissures ? Fort heureusement, le rapprochement entre ces deux « ingrédients » (étudiants et alcool) n'entraîne pas toujours ce genre de résultats.
Il existe des cas où les deux font bon ménage, ainsi à l'atelier œnologie mis sur pied cette année, par le bureau de la vie étudiante (BVE) de l'Urca (université Reims-Champagne/Ardenne).
« Justement pour montrer que les étudiants sont capables d'avoir autre chose que les « soirées » comme rapport avec l'alcool », commente Franck Daudin, responsable au sein de ce BVE.
Bataille navale ?
Poussons la porte de la salle Armonville : c'est là que se tient l'atelier, le « Campus de Bacchus » pour reprendre son appellation contrôlée. L'ambiance y est fort sérieuse. L'auditoire -une grosse quarantaine de personnes- est réparti autour de tables, de cinq ou six places chacune. Des verres s'alignent sur les tables, certes, un peu façon restaurant, mais on ne boit pas ; en tout cas pas tout de suite. On écoute d'abord le topo fort documenté du pro, Franck Wolfert, œnologue : « Savez-vous quand on a commencé à produire du vin sur Terre ? C'était dans le Caucase, il y a 6 500 ans ! » Des Caucasiens primitifs à l'Inra d'aujourd'hui (institut national de la recherche agronomique) en passant par les Romains, l'Eglise médiévale et le phylloxera, le spécialiste, sans recourir à la moindre note, retrace l'histoire des cépages.
Sur les tables, attendent des fiches techniques de dégustation : une pour analyser la robe, une pour la bouche, une autre pour le nez… On y découvre notamment des combinaisons de bataille navale : A5, T3, G3, A°2. « Acidité, tanin, gras, alcool », décode une voisine de table qui était déjà là à la leçon précédente.
Au terme du captivant cours magistral, arrive quand même le moment où l'on lève le coude. Oh, pas pour s'enivrer ! Pour s'instruire, pour parfaire sa culture. C'est ce qu'invoquent par exemple Morgan, en filière génie climatique, et Aude de RMS.
Ce soir-là on s'intéresse aux rouges, après avoir vu les blancs la fois précédente. « Alors, interroge l'œno-moniteur une fois les verres remplis, trouvez-vous dans ce vin des notes de fruits ? Des notes animales ? Ce vin a-t-il du corps ? » Les apprentis dégustateurs donnent leurs réponses. Mais on ne se limite pas à un seul breuvage : « Une dégustation n'est intelligente que dans la mesure où elle est comparative, poursuit en effet le professeur Wolfert ; sur un seul vin, ce n'est pas pertinent ! » On passera donc à d'autres rouges. Après avoir recraché. On est effectivement loin de la bacchanale…
Antoine PARDESSUS

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