Publié le dimanche 16 janvier 2011 à 12H00 - Vu 404 fois
RÉUNION de crise, réunion extraordinaire hier matin. Le conseil municipal a proclamé haut et fort qu'il ne laisserait pas faire. Et s'est entendu, en accord avec la trentaine de salariés de Porcher présents, pour se mobiliser ensemble, pour la sauvegarde de l'emploi et l'avenir de Revin.
« Il faut envisager collectivement une riposte ». C'est avec ces mots que le député-maire de Revin, Philippe Vuilque a ouvert cette séance exceptionnelle. « Nous ne pouvons nous résigner à cette situation », répétait encore l'édile.
Alors que la représentante syndicale FO, Marie-Claude Moriau réitérait, de son côté son appel au calme aux salariés de chez Porcher « car on va démarrer des négociations très difficiles avec à la clé une somme d'argent que nous espérons haute pour que les gens puissent se reconstruire. Mais nous n'excluons pas non plus une mobilisation ».
« Un désastre industriel »
Pour les élus, en tout cas, pas question de lâcher. Car, selon eux, la fermeture de Porcher signifierait le début de la fin pour la commune.
L'heure est assez grave en tout cas pour que chacun mette de côté ses velléités politiques ou personnelles. Dans ce contexte, plus de majorité, plus d'opposition et Brigitte Dunon de venir appuyer les propos du maire en déclarant : « Il faut que l'on se serre les coudes. Les récupérations politiques ne seront pas les bienvenues ».
Et donc à tour de rôle, des élus, de tous bords, ont pris la parole pour exprimer leur soutien, leur solidarité mais aussi leurs angoisses, leurs propositions, leur révolte. « C'est un désastre industriel, économique. C'est lamentable et désespérant. Mais ce qui est important c'est l'avenir. Il faut faire revenir l'activité industrielle et nous avons aussi de l'espoir dans le tourisme. C'est une piste à exploiter », indiquait Philippe Michel, salarié de Porcher et maire d'Anchamps.
« Mener un combat intelligent »
Le tourisme, une idée également évoquée par Denis Wulveryck.
Mais surtout, tous ont donné de la voix pour dire leur volonté de combattre coûte que coûte. Ce fut, par exemple, la teneur des paroles de Renée Nivelet, Michel Gabel, Jacky Sarazin, Brigitte Dunon, Alain Roy…
Des paroles qui pourraient se résumer dans l'intervention de l'adjointe Cécile Stella, saluée par les applaudissements de l'assistance : « La question de la dignité passe par une mobilisation, pour manifester massivement et collectivement notre forte protestation. Aujourd'hui, là encore, la question est comment on se mobilise. Mon angoisse, c'est que feront nos enfants demain sur nos territoires ? Comment on fait pour partir ailleurs ? Ailleurs, ce n'est pas mieux. C'est bien en vacances. On ne nous attend nulle part. Je me sentirai désangoissée quand on aura trouvé une mobilisation collective, intelligente et puissante. Il faut qu'on entende notre territoire fort et loin. Il faut retrouver cet optimisme et cette capacité à mener un combat intelligent ».
Pour démarrer, un registre de signatures en soutien aux salariés sera à disposition de la population dès demain en mairie. Deux cents signatures ont d'ores et déjà été recueillies lors des vœux du maire.
Quant aux suites concrètes, rien n'a été décidé. Tous attendent de savoir comment va se dérouler le prochain comité central d'entreprise prévu jeudi matin à Roissy et le comité d'entreprise revinois vendredi.
« Le combat ne fait que commencer », concluait Philippe Vuilque.
Céline SOUHAMI
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