Publié le mardi 16 mars 2010 à 12H00
Cécile Collot : « Une chute brutale de la demande ».
Au plan national, le marché de l'immobilier d'entreprise risque fort de ne pas repartir avant 2011-2012. C'est la tendance que laisse percevoir Cécile Collot. Experte pour le cabinet Katalyse, elle était invitée par la CCI rémoise à venir brosser un tableau national à l'occasion de la présentation du forum Immo'.
«Depuis 2008 et 2009, nous assistons à une chute brutale de la demande. Il y a une baisse des investissements immobiliers, dans un contexte d'attentisme général. » Après de fortes attentes jusqu'en 2007, et une demande qui ne parvenait plus à suivre pour les bureaux, l'investissement s'est effondré : -70 % en région, contre -42 % en Ile-de-France.
Sous l'effet de la crise, des bâtiments professionnels se sont libérés, accroissant l'offre sur le marché. « Quand des entreprises sont en location, elles essayent de renégocier le bail ». Dans le même temps, Cécile Collot constate un changement dans les stratégies patrimoniales. « On est davantage revenu d'une logique de location vers une logique d'achat. »
Autre tendance, le marché de l'immobilier d'entreprise s'est déporté sur la province, alors que l'Ile-de-France en concentrait l'essentiel auparavant. C'est une opportunité pour des villes comme Reims, qui sont proches de Paris. Sur les Pôles urbains, « les zones d'activités doivent aussi prendre en compte les dessertes de transports en commun ». Cette spécialiste invite également à ne pas négliger les espaces ruraux, qui répondent à une tendance nouvelle.
Le Grenelle en ligne de mire
« Attention aux bâtiments obsolètes, dans l'attente de projets reportés. Il faudra relancer les programmes neufs pour répondre à la demande. L'immobilier public pourra-t-il prendre le relais ? » Cécile Collot met ces contraintes en perspective avec le Grenelle de l'environnement. « Les objectifs en matière de réduction des consommations d'énergie sont ambitieux. Avec du neuf, on répond aux standards de la construction durable. Cela offre des atouts. En termes d'image, de facilités de relocation. Les loyers sont plus élevés, mais avec des charges plus faibles ».
Les parcs immobiliers plus anciens, exposés à des contraintes de remises aux normes, risquent d'être vite dépassés par les nouvelles obligations environnementales.
D.H.




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