Publié le mardi 16 septembre 2008 - Vu 88 fois
A peine installé, Woinic aura droit à une cure anti-rouille.
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«Il rouille ! », observe François Ortéga, de passage au lieu-dit Saulces-aux-Tournelles, la future Aire des Ardennes où (pour ceux qui n'auraient vraiment rien suivi depuis plusieurs semaines) Woinic, a été déposé telle une cerise sur un gâteau qui n'existe pas encore. Ce Vouzinois expatrié dans le Val-de-Marne l'a donc tout de suite remarqué : notre emblème départemental rouille.
La pluie du mois d'août, le vent et le sable entament la belle carcasse qui roussit plus vite que le blé au soleil. « Chaque jour, on observe une nouvelle plaque de rouille », constate l'hôtesse d'accueil sise dans le chalet ouvert pour informer les visiteurs (de 10 à 19 heures jusque fin septembre). Un appel d'offres a donc été lancé pour soigner (encore un chiffre gigantissime) les 275 m2 extérieurs et les 275 m2 intérieurs de l'œuvre. Pour bien se faire, couverture et échafaudage seront mis en place. Suivront décapage, puis application d'antirouille et… d'antitag ! Combien de litres seront nécessaires ? Impossible à dire pour l'instant, l'appel d'offres prenait fin le 12 septembre. Combien d'euros devront être déboursés ? La question reste entière.
En revanche, le directeur des services généraux, Alain Guillaumin, assure que ces travaux seront réalisés durant la « deuxième quinzaine de septembre, même s'il n'y a pas péril en la demeure ». L'entreprise retenue devra répondre au « cahier des charges établi par le Critt. Le traitement est prévu pour dix ans ». L'étape suivante serait pour la fin octobre avec la réalisation du piédestal tournant par la société de Pascal Urano (le nappage en chocolat du gâteau sous la cerise ?). Il sera constitué d'un pivot central et d'un X sur lequel reposeront les pattes du sanglier (soit un diamètre d'environ 12 mètres). Un muret tout autour masquera le mécanisme qui fera tourner l'animal : un tour toutes les trois ou quatre minutes d'après l'entrepreneur. Au préalable, plusieurs milliers de mètres cubes de terre devront être acheminés et une partie en béton armé réalisée. Placé entre 2,50 mètres et 2,80 mètres de haut, à une cinquantaine de mètres de son emplacement actuel, Woinic devrait aussi être éclairé (l'installation de panneaux photovoltaïques palliant l'absence de réseau électrique).
Une mise en scène idéale pour les nombreux visiteurs, dont certains s'impatientent : « Là, il manque quelque chose de valable, remarque une dame venue de Sedan avec sa sœur pour admirer l'œuvre de Sléziak. Il faudrait que ce soit rapide et que ça sorte de l'ordinaire. » Le gâteau, finalement, ce pourrait être l'arrivée de Total et avec elle d'une infrastructure « complète » (*), commente Maryse Launois, de la direction interdépartementale des routes (Dir). Les négociations relancées depuis janvier 2008 et conclues en juin devraient aboutir « ces prochains jours » avec le dépôt d'un permis de construire. Les travaux pourraient débuter au printemps et la station être opérationnelle avant la fin 2009. « Une fois que nous aurons le dossier Total en main, nous rencontrerons le conseil général pour développer le projet du département. » Office de tourisme, maisons du terroir et produits dérivés (certains demandent des Woinic en chocolat) pourraient compléter le menu. On n'a pas fini d'en manger, du sanglier.
Nathalie Diot
(*) Essence, boutique, restauration, sanitaires, douche, retrait d'argent et des places de stationnement à la mesure du trafic poids-lourds et véhicules légers.
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Vivement un parking
600 à 700 personnes par jour en semaine, près de 3.000 le dernier week-end d'août, le nombre de curieux ne diminue pas pour le moment d'après les statistiques tenues quotidiennement par les hôtesses du chalet installé face à Woinic. Elles notent toutes les voitures qui s'intéressent à l'œuvre. Qu'elles ralentissent ou se garent. Avec une telle affluence, elles ne sont pas trop de deux les week-ends. En revanche, le nombre de places de parking laisse à désirer. Le terrain qui lui était jusque-là imparti est devenu trop instable suite aux pluies.
Le stationnement se fait donc au petit bonheur la chance, autour du rond-point, sur le pont d'accès et parfois même… « à contresens des bretelles d'autoroute », constate le capitaine Douvier de la communauté de brigades de gendarmerie de Rethel.
« Nous comprenons que les gens viennent voir la sculpture. Nous savons que c'est un emplacement provisoire mais du point de vue de la gendarmerie, nous regrettons qu'un parking ne soit pas aménagé. Nous passons régulièrement, jour et nuit. Nous gardons un œil bienveillant et restons tolérants tant qu'il n'y a pas d'infractions graves mais le stationnement à contresens est verbalisé. Il y a trop de risques de retrouver les personnes circulant sur l'autoroute dans le mauvais sens. Le problème a été évoqué avec le colonel commandant le groupement et avec plusieurs conseillers généraux. »
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