Viticulture : le bio tisse sa toile

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Publié le mardi 09 février 2010

Lorsqu'ils s'intéressent au bio, les viticulteurs s'inquiètent d'abord des techniques qu'ils peuvent utiliser pour lutter contre le mildiou, par exemple.

Lorsqu'ils s'intéressent au bio, les viticulteurs s'inquiètent d'abord des techniques qu'ils peuvent utiliser pour lutter contre le mildiou, par exemple.

Christian-Philippe Paris

OUI, le bio est à la mode. Et oui, il suscite chaque année davantage d'intérêt, mais aussi de questions de la part des viticulteurs. Alors pour les aider à franchir le pas - dans le milieu, on appelle cela « se convertir » -, l'opération « Vignes bio ouvertes » se décline désormais « au fil des saisons ». Deux viticulteurs se proposent donc d'accueillir leurs homologues chez eux au mois de février, dans un premier temps, pour parler techniques de fertilisation, vinification ou encore réglementation.



« On passait pour des farfelus »




Avec José Ardinat, les vignerons pourront même remonter aux sources du bio en Champagne. Installé à Vandières, ses vignes sont certifiées bio depuis 1971. Autant dire qu'à l'époque, ce genre de technique était plus que marginale. « On n'était pas lapidé en place publique, mais presque, se souvient-il, amusé. On passait pour des farfelus aux yeux des autres ! »

À ce moment, lui et son beau-père voulaient surtout réagir à l'impact, « négatif », des produits qu'ils utilisaient sur la santé. « Il s'est dit qu'il fallait faire quelque chose, alors on s'est lancé. En 1970, on devait être cinq ou six à tenter l'expérience en Champagne. » Après une première récolte en 1971, ils n'ont pourtant jamais lâché. « On avait la foi, alors on a persévéré », poursuit-il. Même si les vignes bio demandent une attention particulière, et même s'il faut parfois lutter avec acharnement contre le mildiou, qu'à cela ne tienne.

« Notre satisfaction, nous l'avons au moment de la récolte. » Ce qui lui permet de produire chaque année 80.000 bouteilles de champagne, dont 25 % environ vendues à l'étranger. Un peu moins en 2009, ce qui n'inquiète pas José Ardinat le moins du monde, « puisqu'on gagne de nouveaux clients en France régulièrement ».

Et la curiosité grandissante des consommateurs avance parallèlement à l'intérêt que les vignerons semblent porter au bio. « On ne peut pas changer les mentalités du jour au lendemain, reconnaît José Ardinat, mais on voit que les plus jeunes connaissent davantage. »



Intérêt croissant




Selon Claire Vanhee, conseillère en agriculture biologique à la chambre d'agriculture, « on constate que les viticulteurs sont ceux qui manifestent le plus d'intérêt et qui posent le plus de questions dans la région ». Et si le nombre d'exploitations bio n'est pas encore franchement spectaculaire, il est tout de même en nette augmentation ces deux dernières années. Et d'après la conseillère, ce n'est pas l'aspect économique, mais plutôt les contraintes techniques qui freinent certains professionnels. D'où l'opération vignes bio déclinée maintenant au fil des saisons.



Julienne GUIHARD-AUGENDRE

Ouvert à tous les viticulteurs, sans inscription. Vendredi 19 février chez José Ardinat (RV à la salle des fêtes de Vandières). Renseignements : 03.26.64.96.81.


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chambouvart

14/02/2010 à 11h58

Réponse à air2rien. Vous parlez de lutte raisonnée mais de bio. Demandez à une grande marque de champagne qui pratique le bio depuis 2 ans, le nombre de traitement "bio" qu'elle a réalisé en 2009. Comparez avec ceux ayant réalisé du conventionnel raisonné. Et vous obtiendrez un impact carbone double parce que cette année la pression de mildiou était très forte et que les produits bio ont une efficacité insuffisante et sont lavés par les pluies. Mais pour savoir cela, il faut être dans le métier.

air2rien

12/02/2010 à 20h37

Je pense que les traitements envisagés sont autres et seraient mis en place non systématiquement en prévention comme aujourd'hui après chaque pluie !

chambouvart

11/02/2010 à 11h31

La démarche est intéressante, mais bio ne signifie pas non polluant ou non toxique ! Le sulfate de cuivre (antimildiou) pollue les nappes phréatiques, le souffre (antioidium) tue toute vie animale...
Respecter la nature et avoir un impact minimal et durable d'accord, mais ce n'est pas forcement biologique.

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