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VITICULTEURS / Le terroir avant tout

Publié le mardi 06 janvier 2009 à 01H00 - Vu 6 fois


Didier et Olivier Gimmonet revendiquent le statut de vigneron haut de gamme.

Didier et Olivier Gimmonet revendiquent le statut de vigneron haut de gamme.

Christian-Philippe PARIS


« Nous ne faisons pas de courses aux volumes, et on a la chance d'élaborer les vins qu'on aime. » Dans son petit bureau donnant sur la côte des Blancs, Didier Gimmonet est serein. « La crise, je la sens. Mais je pense sincèrement que les vignerons qui produisent de la qualité peuvent s'en sortir. » Les chiffres des expéditions de ces derniers mois leur donnent raison. Ils sont en positifs.
« Un esprit maison »
Didier Gimmonet et son frère Olivier font partie de l'élite du vignoble avec l'association Trésor de Champagne, ils produisent des cuvées haut de gamme dont la notion de terroir est très importante. « Nous sommes sur un marché très porteur. Les consommateurs recherchent une famille avec un esprit-maison. Bien sûr, nous ne sommes pas sur un prix de vigneron, mais nous affichons un bon rapport qualité-prix (à partir de 24 euros). Grâce à cette image positive, pour l'instant nous ne sommes pas touchés. » Toutefois Didier Gimmonet reste lucide : « Il va quand même falloir regarder les baisses de certains, car quand la crise débordera vraiment sur la Champagne, tout le monde sera touché. »
« Haute couture »
A la tête de 28 hectares, la famille Gimmonet rayonne sur des terroirs d'exception à l'instar de ceux de Cuis, de Cramant, de Chouilly et d'Oger. « Nous ne sommes pas négociants. Si je faisais du négoce, je devrais payer des raisins plus chers et je ne suis pas réellement sûr qu'ils soient meilleurs que les miens. » Pour Didier Gimonnet, son travail s'apparente « à des produits de haute-couture vendus à des prix raisonnables face à l'univers de luxe présenté par les grands opérateurs. Toutefois, si le produit est haute-couture, il est évident que nous ne possédons pas la signature ». Les pieds sur terre, Didier Gimmonet répète ce que lui avait dit son père, Michel Gimmonet : « Si le travail est bien fait à la vigne et en vinification, c'est d'autant moins de dépensé dans le marketing ». Une parole de sage que les deux fils ont bien compris. « C'est également notre père qui nous fait prendre conscience de la vinification parcellaire pour faire ressortir les qualités des différents terroirs. »
En revanche, le vigneron ne veut pas entrer dans le monde des cuvées micro-parcellaires. « Nous ne pouvons nous dissocier la notion d'assemblage qui fait la force du brut sans année. Je pars du principe que lorsqu'on a une belle parcelle, il faut la garder pour l'inclure, selon un certain pourcentage, dans la gamme. Ma démarche est justement de garantir une qualité au même niveau. »
Pour leur premier millésime du siècle, les Gimmonet sortent le 2002 avec un nouvel habillage. Ils en sont très fiers. « On espère encore avoir affaire à des connaisseurs qui apprécient. »
S.C.-P.

viticulture

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