Vervins / Concours du meilleur apprenti de France Déjà la crème des pâtissiers

Publié le mardi 09 février 2010

Ludovic Barbieux, entre son patron Lionel Bridoux et le fils de celui-ci, Rémi.

Ludovic Barbieux, entre son patron Lionel Bridoux et le fils de celui-ci, Rémi.

Thierry de LESTANG PARADE

AU fond d'un dédale de couloirs, le champion s'exerce. Ce qui prédomine chez lui, c'est sa détermination. Il est concentré comme un boxeur avant de monter sur le ring. Mais lui, il doit battre des œufs en neige.
Ludovic Barbieux, 20 ans, est déjà meilleur apprenti en pâtisserie de l'Aisne et de Picardie. Le lundi 15 février, il concourt pour la consécration nationale. Son patron, installé depuis vingt-cinq ans à Vervins (avant de se trouver à Mennessis, près de Tergnier), Lionel Bridoux, ne tarit pas d'éloges sur lui. « Il est sérieux, consciencieux, ponctuel. Il mérite son parcours et a toujours voulu obtenir des résultats. »
Après son CAP en boulanger et en pâtisserie, l'élève du centre de formation des apprentis de Laon apprécie vraiment le plaisir de façonner avec ses mains. Le gâteau le plus difficile à réaliser, pour lui, c'est la pièce montée en raison de « la régularité de l'ensemble ».
Son péché mignon, ce sont les fruits rouges. Mais en ce moment, il ne songe pas à la gourmandise, mais plutôt à la difficulté de briller au concours de meilleur apprenti de France parmi vingt-et-un concurrents. Si le thème, « Créations, tradition et modernité de la Saint-Valentin », permet beaucoup d'interprétations, le cahier des charges est très précis. Il faut réaliser deux entremets avec une crème d'agrume et un biscuit noisette, dix religieuses au choix, vingt-quatre bonbons au chocolat avec un lit de café et d'autres friandises avec toujours un grand sens de la présentation.
Déménagement vers la capitale
En attendant la proclamation du palmarès dans la résidence du président du Sénat, Ludovic multiplie les gammes fruitées avec le fils de son patron, Rémi Bridoux, ouvrier. Celui-ci est attentif au moral du champion, tente de le rassurer : « C'est que du bonus. Il faut qu'il pense au plaisir. »
Mais le candidat ne cache pas son stress avec une sincérité touchante. « J'ai peur. Nous n'avons que six heures trente pour réaliser l'ensemble des pièces exigées. » Le grand jour, ils partent tous les deux pour la capitale avec un camion plein de matériel, un batteur, des cuves…
En attendant, il s'entraîne donc tous les jours après sa journée de travail commencée à 3 h 30.
Souriant, simple et courageux, il supporte le club de foot de Lens, apprécie les « virées » sur Internet. C'est la crème des jeunes hommes.
Thierry de LESTANG PARADE

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