Publié le mardi 10 novembre 2009 à 01H00 - Vu 66 fois
Dans l'atelier de Donchery près de Sedan, on fabrique des pièces pour des centres clés en main.
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Dans la bibliothèque d'une salle de réunion du groupe Vauché à Sedan, des livres soigneusement rangés invitent au voyage. Asie du Sud-Est, Inde, Émirats Arabes Unis, droit chinois, Argentina Business… En France et en Italie, bon nombre de centres de traitement des déchets ont déjà été livrés par la PME sedanaise et sa filiale Vauché Bioma Italia.
Mais jusqu'en 2004, le groupe n'est pas en mesure de concurrencer ses voisins européens à une échelle supérieure. « Pour pouvoir prétendre à des contrats internationaux d'une dizaine de millions d'euros, il nous fallait atteindre une taille critique d'environ 30 millions d'euros de chiffre d'affaires », explique le PDG du groupe Stéphane Vauché.
C'est chose faite depuis l'an dernier. Cette année, l'essai est transformé avec un chiffre d'affaires prévisionnel de 36 M€. Le rapprochement en juin 2007 avec son ancien concurrent breton et ex-numéro 3 français Ar-Val a permis au groupe d'asseoir sa position de leader en France de la fabrication de centres de tri de déchets.
Et surtout d'ouvrir la boîte de Pandore transfrontalière. « Notre objectif est de réaliser 50 % de notre chiffre d'affaires à l'étranger d'ici cinq ans [35 % aujourd'hui] », indique Stéphane Vauché. L'activité est déjà « relativement intense » en Pologne. À Gdansk, une unité de tri et de préparation des ordures ménagères brutes pour le compostage est acquise. Au Qatar, la capitale de Doha a ouvert un chantier pharaonique de 900 millions de dollars pour traiter ses déchets… en plein désert. Pas très responsabilisant pour les citoyens qataris, mais lucratif pour ceux qui héritent d'une part du contrat. Dix millions d'euros à la clé pour Vauché, chargé de fournir l'unité de tri mécano-biologique.
Tiré par le Grenelle
En France, le Grenelle est « une chance extraordinaire » pour Vauché. Chaque tonne de déchet enfoui coûte 15 € à taux plein au contribuable, contre la moitié l'an dernier. En 2015, ce sera 40 €. De quoi animer les perspectives du bureau d'études de Vauché (le plus grand d'Europe), à l'affût du traitement le plus efficace et de l'idéal « zéro déchet ». « Nous sommes en recherche permanente d'innovation. On nous demande de construire une formule 1 du premier coup ! », explique le PDG. Selon lui, plus rentable que la collecte sélective et plus pérenne que la décharge ou l'incinération, la voie du tri à partir de l'ordure brute est la meilleure. Mettant à profit ses compétences d'ingénieur en robotique, le PDG a su faire son propre tri.
Tanguy Pallaver
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