Publié le mercredi 22 octobre 2008
La confédération paysanne a occupé le Crédit Agricole.
VKiefer
Hier, la confédération paysanne du Nord et des Ardennes s'est rendue avec une vingtaine de sympathisants à l'agence bancaire du Crédit Agricole de Signy-le-Petit pour occuper les locaux.
Objectif de cette manifestation : l'obtention d'un prêt bancaire pour un couple d'agriculteurs de Tarzy, la famille Varlet. « On réclame un prêt pour acheter un tracteur d'occasion et conforter la trésorerie de l'exploitation », expliquait hier sur les lieux Antoine Jean, porte-parole départemental de la confédération paysanne.
« Les Varlet ont besoin d'un outil de travail, ils louent actuellement un tracteur qui leur coûte plus cher qu'un crédit ». Cette manifestation de colère intervient à un moment où l'Etat a débloqué 10 milliards d'euros pour les banques et spécialement 3 milliards pour le Crédit Agricole.
« C'est pourquoi on ne comprendrait pas du tout que le Crédit agricole refuse un tel crédit » poursuit le porte-parole de la confédération. Les Varlet demandent 25.000 euros avec un remboursement en 7 ans. « C'est honteux que la banque ne prête pas, quand on sait les milliards engloutis dans des montages financiers douteux », lâche Antoine Jean. Mme Varlet explique qu'elle et son époux ont demandé trois fois un prêt au Crédit agricole de Signy-le-Petit, à chaque fois, il leur a été refusé « et cela sans aucun motif, ils ne nous donnent aucune raison », se plaint-elle.
En fait, les agriculteurs avaient eu des soucis avec leur coopérative de lait, pour des problèmes répétés de qualité du lait livré. Depuis le mois de mai, cette affaire s'est arrangée, et depuis, les Varlet parviennent à livrer un lait de qualité. Cependant, les paies de lait qui tombent tous les mois depuis cet été ne leur permettent pas pour le moment d'avoir suffisamment de trésorerie pour envisager certains investissements nécessaires au redressement durable de leur situation. Actuellement, les Varlet bénéficient d'un plan de redressement judiciaire sur 14 ans. La Confédération paysanne a montré hier une détermination sans faille.
La gendarmerie est intervenue en se postant devant la banque. Les responsables ardennais du Crédit Agricole se sont rendus sur les lieux pour discuter avec les manifestants. Ils leur ont notamment demandé d'évacuer l'agence en leur proposant une négociation au siège à Charleville, ce que la Confédération paysanne a refusé. « L'affaire est locale, elle doit se discuter sur le plan local », a martelé Antoine Jean.
Peu avant 16 heures, Jean-Luc Blondel, secrétaire général de la préfecture, et le directeur départemental de l'agriculture Bertrand Specq se sont proposés comme médiateurs pour les négociations, que le Crédit Agricole était prêt à entamer mais à l'extérieur de la banque dans une salle de la mairie. Ce que finalement la confédération paysanne a accepté.
Tous les manifestants sont ainsi sortis de la banque pour négocier avec le directeur du financement à l'agriculture du Crédit Agricole, François Istace dans une salle de la mairie.
Une heure quinze plus tard, vers 17 h 15, la confédération paysanne et le Crédit Agricole sont tombés d'accord.
Il a été décidé qu'une expertise aurait lieu à la ferme des Varlet et si celle-ci s'avère concluante pour l'avenir de l'exploitation, le Crédit Agricole s'engage à honorer la demande de prêt sollicitée par le couple d'agriculteurs ardennais.









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