Publié le mardi 12 janvier 2010 à 01H00 - Vu 153 fois
D'ici cinq ans, Didier Vereecke, PDG de Poppyder, compte faire tourner quatre lignes de production, et embaucher vingt-quatre personnes.
ST¿PHANIE GRUSS
«Ç A redonne de la vie, du dynamisme, et surtout ça crée des emplois dans une zone désertifiée ». Alain Simon, président de la communauté de communes du Bocage champenois, est fier d'accueillir une entreprise dans la zone d'activités « La Formerie », à Saint-Rémy-en-Bouzemont. La première à s'installer sur cet ancien site industriel déserté depuis 2003 par les meubles Roll et racheté par la communauté de communes du Bocage champenois fin 2009.
Son nom : « Poppyder ». Comme son nom ne l'indique pas, cette société, créée en octobre 2009, fabrique du pop-corn à manger à base de matières premières biologiques, mais pas seulement. « Ce produit sert de support publicitaire, explique le PDG, Didier Vereecke, un Belge de 45 ans. Nos annonceurs sont les distributeurs de films et des chaînes de télévision. Le pub est de mettre en avant un film distribué en DVD ou une émission télévisée phare sur les sachets de pop-corn ». Il cite les exemples de « Bienvenue chez les Ch'tis » ou de « Koh-Lanta » sur TF1. Des sachets de 10 à 300 grammes vendus en grande distribution.
Un semi-remorque par jour
Pourquoi cet entrepreneur belge a-t-il décidé d'implanter sa société à Saint-Rémy-en-Bouzemont ? « Deux gros clients possèdent des plates-formes logistiques dans la région, précise Didier Vereecke. Comme le pop-corn demeure un produit volumineux, il vaut mieux être près d'elles afin de réduire les coûts de transport ». Selon lui, une seule ligne de production fabrique de quoi remplir un semi-remorque par jour !
Autre raison qui a motivé le PDG : les aides financières, le canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont se trouvant dans une ZRR (zone de revitalisation rurale). « Je bénéficie d'exonérations fiscales qui me permettent d'investir plus rapidement dans l'outil de production ; et d'aides à l'emploi, indique-t-il. Et puis, le coût du travail est moins cher en France qu'en Belgique. Ainsi en France, pour un salarié qui reçoit 1 000 euros net par mois, le patron dépense 1 800 euros. En Belgique, il doit débourser 2 800 euros environ… Sur un effectif de 24 ouvriers, cela fait 24 000 d'économies… ». Cet entrepreneur belge ajoute des locaux de 2 000 m2 « qui se prêtent très bien à l'agroalimentaire ».
La première ligne de production de pop-corn pourrait commencer à tourner « dès la mi-février ». Du moins si tous les branchements électriques sont effectués. Un responsable d'équipe a d'ores et déjà été recruté. Deux autres personnes devraient l'être courant mars. Didier Vereecke compte produire dans un premier temps trois millions de sachets de pop-corn par an et réaliser un chiffre d'affaires de deux millions d'euros.
D'ici cinq ans, il compte faire fonctionner quatre lignes de production, fabriquer douze millions de sachets de pop-corn et embaucher 24 personnes, essentiellement de la région. « À côté des bureaux, on ouvrira un magasin où l'on vendra de la confiserie, des chocolats belges et des nachos. Par expérience, je sais que les odeurs qui se dégageront vont donner faim aux habitants », prévient ce Belge qui a occupé le poste de directeur technique dans une entreprise similaire pendant quinze ans à Liège.
En attendant, il termine d'aménager le hangar qu'il loue pour l'instant à la communauté de communes du Bocage champenois.
Stéphanie GRUSS
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