Publié le jeudi 28 janvier 2010 - Vu 54 fois
Elus et professionnels du tourisme ont signé hier matin une charte qui les engage sur la taxe de séjour et l'utilisation de 80 % de son produit.
Christian-Philippe PARIS
L'ANCIEN maire Jean-Louis Schneiter en avait initié l'idée qui ne devait être effective qu'après la mise en service du tram. La nouvelle équipe municipale, présidée par Adeline Hazan, a voulu accélérer les choses en partenariat étroit avec les professionnels hôteliers et des métiers du tourisme. À compter de lundi, tous les touristes qui seront hébergés dans des structures hôtelières des communes de Reims, Bezannes, Cormontreuil, Sillery, Taissy, Tinqueux, Thillois et Witry-lès-Reims devront s'acquitter d'une taxe de séjour d'un montant compris entre 0,20 centimes d'euro par personne et par nuit effective (pour l'hôtellerie de plein air, les ports de plaisance, les relais ou haltes nautiques, chambres d'hôtes, résidences hôtelières et le Centre international de séjour) et 1,20 € pour un hôtel 5 étoiles, la moyenne étant fixée à 0,40 € pour un 1 étoile, 0,60 € pour un 2 étoiles et 0,80 € pour un 3 étoiles.
Union un peu forcée
Si la maire de Reims a salué la qualité des échanges qui ont duré près d'une année avec les professionnels, pour mettre en place cette taxe dont elle a bien précisé qu'« elle ne serait pas prélevée sur nos concitoyens mais sur les touristes comme cela se fait partout en France », Joël Oudin, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie de la Marne (UMIH) n'a pas claironné, incendié qu'il est depuis quelques jours par ses collègues. Par contre, en responsable il assume : « On n'avait pas le choix. Il fallait mieux accepter la taxe en se mettant d'accord pour la gérer ensemble. » Mais de s'étonner tout de même que bon nombre de communes du Pays rémois ne vont s'exprimer que le 31 mars pour dire, si oui ou non, elles acceptent le principe de la taxe. Alors qu'au départ, l'Union des métiers et industries du tourisme avait émis le souhait que toutes les communes soient adhérentes avant de mettre en place la taxe. (1)
Grogne
« Quand on voit qu'on vient de louper un contrat de 40.000 euros qu'a récupéré l'hôtel Ibis, pour une différence de 50 centimes d'euro par personne, ça montre que la concurrence est très serrée », commentait en aparté un hôtelier un peu amer, qui préfère garder l'anonymat. « J'ai peur que les tours opérateurs préfèrent organiser leur congrès à Dijon. »
Positiver
Saluant le début de coopération en matière de tourisme entre les communes du Pays rémois, la maire a invité les habitants de l'agglomération à « être plus fiers de leur territoire qui a énormément de richesse. » De son côté, l'adjoint au tourisme Jacques Cohen a dit qu'il était heureux qu'il y ait enfin des moyens dégagés (NDLR : entre 300.000 € et 1,2 M€ chaque année) pour développer le tourisme sur la région.
Et de faire passer un message à l'Office de tourisme rémois : « L'extension de la zone de la taxe préfigure la surface souhaitable pour une structure administrative (NDLR : chargée du tourisme). On peut imaginer qu'il y ait des problèmes mais le but est de progresser dans une confiance mutuelle et une efficacité commune. »
Un comité de pilotage, composé d'élus et de professionnels de l'hôtellerie, décidera de l'usage collectif de 80 % des fonds collectés, 20 % restant à chaque commune.
Alain MOYAT
(1) Les professionnels de l'Union des métiers et de l'industrie hôtelière sont conviés mardi 2 février, à 14 h 15 à la chambre de commerce, afin d'évoquer les nouvelles normes classe « étoiles ».
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