Région / Démographie La Marne gagne 600 habitants mais ses villes en perdent 8.000

Publié le mercredi 24 décembre 2008 à 01H00

Franck leroy, le maire d'Epernay, appelle les villes marnaises et même  des départements limitrophes à « travailler collectivement »  pour sortir  cette zone de dépression démographique.

Franck leroy, le maire d'Epernay, appelle les villes marnaises et même des départements limitrophes à « travailler collectivement » pour sortir cette zone de dépression démographique.

Christian Lantenois

Reims, Châlons, Épernay et Vitry accusent toutes des pertes plus ou moins importantes de population selon le dernier recensement. Alors que les petites communes connaissent une progression.
D'UN point de vue global, c'est à la fois peu et pas si mal. Les derniers chiffres du recensement, qui ne seront communiqués officiellement par l'Insee de Champagne-Ardenne que le 13 janvier prochain, font apparaître un solde positif d'environ 600 habitants pour la Marne. Notre département frôle les 566.000 âmes et revendique une hausse de 0,1 %.
Dans la région, l'Aube -qui bénéficie de l'impact du bassin parisien-, afficherait une croissance supérieure. En revanche, les Ardennes et la Haute-Marne perdraient des milliers d'habitants.
On dit aussi que la Marne et l'Aube seraient des cas isolés dans le grand Est de la France dont plusieurs régions seraient en déclin, rejoignant ainsi la Champagne-Ardenne dont on martèle depuis quelques années qu'elle est la seule de France à perdre en population.
L'Etat se réserve la primeur de l'annonce des résultats nationaux qui devraient paraître au Journal Officiel d'ici à quelques jours, vraisemblablement entre Noël et Nouvel an. Cependant, tous les maires des 620 communes marnaises ont déjà été informés de leurs chiffres depuis plusieurs jours. Il en ressort que si la Marne peine à progresser dans son ensemble, les principales villes enregistrent, elles, une baisse démographique significative. Vitry se situerait désormais « autour » de 15.000 habitants, soit une perte sensible par rapport au recensement de 1999 qui situait la cité rose à 16.725 personnes.
À Châlons-en-Champagne l'érosion est de l'ordre de 1.500 habitants. Epernay annonce une lourde perte de 7,19 % et passe de 27.033 à 25.088 habitants ! Son maire Franck Leroy (UMP) insiste sur la nécessité pour les villes marnaises et même des départements limitrophes de « travailler collectivement » pour tenter de sortir de cette zone de dépression démographique.
C'est précisément la philosophie du G10 (la réunion des villes les plus importantes de la Marne, des Ardennes et de l'Aisne) dont il est l'initiateur depuis 2005.
La ville de Reims annonce pour sa part une diminution de 3.247 personnes de sa population qui s'établit désormais, selon la méthode des doubles comptes, à 188.078 habitants.
Grosso modo, les quatre premières villes de la Marne perdent au moins 8.200 habitants. Où donc notre département parvient-il à se renforcer ?
On sait que le relatif essor du département profite plus à l'ouest qu'à l'est, du fait de l'attractivité de Reims. Il est également acquis que les pertes des villes marnaises ne sont pas systématiquement compensées par une progression de leurs agglos. À l'image de celle de Châlons qui perdrait 2.000 habitants quand la ville centre n'en perd « que » 1.500.
L'Insee s'apprête par ailleurs à communiquer sur « la croissance retrouvée des petites communes » dans lesquelles vivent de plus en plus de travailleurs urbains. Cet été, un rapport du Sénat indiquait que la population des communes de moins de 2.000 habitants a progressé, sur l'ensemble du territoire national, de 1,3 % par an entre 1999 et 2006. De toute évidence, la Marne ne fait pas exception à la règle.
Jean-Michel François

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