Publié le vendredi 04 janvier 2008 à 01H00
Alain Bon, ici avec des briquettes de menues pailles, un bon moyen de valoriser ce qui est considéré par beaucoup d’agriculteurs comme un sous-produit contraignant.
Emmanuel DÈfente
«DU temps de nos grands-parents, on récupérait les menues pailles. Aujourd'hui, cela pose un problème aux agriculteurs. Il y a les pertes de grains, mais aussi les mauvaises herbes qui sont resemées et nécessitent des traitements coûteux et dommageables pour l'environnement ». Alain Bon, inventeur du récupérateur de menues pailles, vient de résumer l'intérêt de la machine.
Nous avons déjà évoqué cette invention dans nos colonnes en juillet dernier, alors que les essais de la machine n'en étaient qu'à leurs balbutiements. Aujourd'hui avec un peu plus de recul, l'intérêt se précise.
Pour rappel, les menues pailles sont ces débris de paille et autres mauvaises graines laissés au sol après le fauchage. Ce qui entraîne la repousse de mauvaises herbes, l'emploi de pesticides et d'herbicides pour les éliminer, sans compter, une récolte plus faible.
Le récupérateur de menues pailles allait révolutionner tout ça. Plusieurs débouchés ont été trouvés pour ce « sous-produit » en passe de devenir un produit d'avenir : litière pour poulailler, alimentation animale, chauffage, etc.
Valoriser la menue paille
« Le problème est que le produit à une faible densité et prend beaucoup de volume, ce qui peut être un frein au débit de chantier » confie Alain Bon.
C'est là qu'intervient la presse à briqueter, qui transforme la menue paille en briquette, comme des bûches, prêtent à brûler dans la chaudière.
L'entreprise Thierrart du Châtelet-sur-Retourne, qui gère déjà la construction du récupérateur de menue paille, planche actuellement sur un procédé qui permettrait de rendre mobile cette presse à briqueter.
On peut imaginer par exemple qu'un agriculteur, après avoir récupéré sa menue paille, fasse fonctionner la presse en bordure de son champ toute la journée. À la fin, il n'y a plus qu'à collecter les briquettes et le tour est joué.
« Le but est de permettre aux agriculteurs de valoriser au maximum la menue paille. Entre ceux qui l'utilisent comme litière ou alimentation et ceux qui peuvent ainsi la transformer en briquette pour chaudière », résume G. Sciaccaluga.
D'autres débouchés pour cette menue paille ne sont pas exclus. L'esprit tourbillonnant d'Alain Bon y travaille.
Changer les mentalités
Mais pour le moment, l'inventeur souhaite mettre l'accent sur l'impact environnemental de ces machines.
« Aujourd'hui, c'est la production à tout va, sans se soucier de la pollution. Mais il faut faire quelque chose… pas pour nous, mais pour nos petits-enfants », alerte Alain Bon.
Que ce soit avec son élagueuse-broyeuse qui ne demande qu'un seul passage ou son récupérateur de menues pailles, Alain Bon entend contribuer à la sauvegarde de l'environnement, surfant ainsi sur le Grenelle du même nom.
Emprunt d'une certaine philosophie, Alain Bon assure que « l'environnement est une notion qui peut s'ajouter à l'économie. C'est l'opportunité de remettre en cause le système. Il faut changer les mentalités » martèle l'Ardennais.
À « Bon » entendeur…
E. D.
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Inventer pour le futur
Ceux qui connaissent Alain Bon, savent qu'il faut être bien concentré si vous voulez le suivre dans ses propos. Le cerveau de cet inventeur bouillonne sans s'arrêter. À peine un projet est-il sur pied, qu'il en a déjà plusieurs autres en pensée.
Fils d'agriculteur, installé à Euilly-et-Lombut (canton de Mouzon), Alain Bon est souvent de passage au Châtelet-sur-Retourne, pour vérifier la bonne marche de son récupérateur de menues pailles, produite par l'entreprise de constructions mécanique Thierrart, dirigée par Grégory Sciaccaluga.
Très jeune Alain Bon développe son esprit de chercheur inventeur, plus particulièrement sur les machines agricoles, toujours avec le souci d'en améliorer le rendement, l'efficacité, le côté pratique.
Après plusieurs inventions reprises par de grands constructeurs sans que cela ne rapporte quoi que ce soit à Alain Bon, ce dernier tape un grand coup avec son élagueuse broyeuse.
Une machine capable d'élaguer les haies et de broyer simultanément les branches. « En travaillant entre 5 et 10 km/h cette machine réduit considérablement le temps des chantiers d'entretien des haies » explique Alain Bon.
Ne pas faire machine arrière
Toujours soucieux de faire dans le simple, tout en répondant à un problème technique, Alain Bon remet le couvert avec son récupérateur de menues pailles. Comme l'élagueuse — broyeuse, cette machine, en plus d'être pratique (lire ci-contre) s'inscrit dans le volet environnemental en offrant une nouvelle vie à ce que certains considéraient comme de simples débris de paille, encombrant et inutile.
Mais pas question pour Alain Bon de s'endormir sur ses lauriers (double lauréat du 1er prix du concours de l'innovation à la foire de Châlons-en-Champagne).
« Toutes ces années n'ont pas été faciles entre les déconvenues et les échecs » confie Alain Bon, qui n'oublie pas son entourage, si important dans les moments difficiles. « J'ai peur de faire machine arrière, mais je sais que je travaille pour le long terme » termine Alain Bon, qui sait qu'il devra encore batailler pour imposer ses inventions sur les marchés mondiaux.









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