Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

PSA CHARLEVILLE / Pour le PDG, la fermeture de sites français n’est pas à exclure

Publié le vendredi 31 octobre 2008 à 01H00 - Vu 142 fois


1 2
Réduction de la production, départs volontaires : ce ne sera peut-être pas suffisant pour faire face à la crise selon Christian Streiff,
PDG de PSA.

Réduction de la production, départs volontaires : ce ne sera peut-être pas suffisant pour faire face à la crise selon Christian Streiff, PDG de PSA.

DOMINIQUE FAGET


MAUVAIS temps pour les fabricants de voitures. Face à la chute brutale des commandes (on s’attend à des chiffres variant entre - 15 et - 17 % en Europe occidentale sur les trois derniers mois de 2008), tous les constructeurs s’efforcent de faire le dos rond. Ce qui se traduit par des mesures drastiques.
Exemple avec la fonderie PSA de Charleville, qui se sépare de ses intérimaires et impose des jours de repos ou de chômage partiel à ses salariés en CDI. A l’échelle nationale, le groupe Peugeot-Citroën entend en effet réduire sa production de près de 30 % au quatrième trimestre. Ce brutal coup de frein, qui s’ajoute au plan de dégraissage actuellement en cours (15.000 départs volontaires), sera-t-il suffisant? Peut-être pas. Un doute qu’a clairement exprimé Christian Streiff, le PDG de PSA, lors d’un entretien accordé à nos confrères anglais du Financial times.
Interrogé sur la situation actuelle de l’industrie automobile et son devenir, l’ancien patron d’Airbus a indiqué ne pas exclure la fermeture pure et simple d’usines. Y compris en France.
Une déclaration fracassante que tente de tempérer le service communication de PSA: «Il faut se garder de donner trop d’importance à une phrase sortie de son contexte», explique-t-on à Paris. «M. Streiff raisonnait simplement en théorie. Et dans ce cadre, aucun chef d’entreprise, quel que soit son domaine d’activités, ne peut avoir la certitude qu’il n’aura pas à fermer à terme tel ou tel site de production.» Va pour la réflexion purement théorique. Mais n’en déplaise à ses chargés de communication, Christian Streiff pousse plus avant son analyse. Notamment lorsqu’il explique au Financial times que, le cas échéant, il pourra procéder plus librement à des restructurations que son homologue de Renault puisque l’Etat n’est pas actionnaire de PSA (1)…
Autre piste retenue par le PDG, du moins si le marasme actuel se poursuit au-delà de 2009, la fusion de sociétés qui permettrait aux intéressés de réduire certains coûts. Cette éventualité, a priori plus souriante, s’apparenterait néanmoins à une véritable révolution culturelle pour le groupe, toujours détenu par la famille Peugeot: hormis l’épisode de 1978, marqué par le rachat de Chrysler Europe, le constructeur français n’a que très rarement conclu de partenariat avec d’autres entreprises. Bref, PSA, comme d’autres, s’engage dans une période de turbulences. A Charleville, près de 2.400 salariés croisent les doigts pour que l’aventure ne se termine pas en sortie de route.

Jean-Claude Roussel
(1) Carlos Ghosn, le PDG de Renault, a été convoqué récemment par Nicolas Sarkozy pour s’expliquer sur la situation de l’usine de Sandouville et le plan visant à supprimer 6.000 emplois en Europe. Avec 15 % des parts, l’Etat est en effet l’actionnaire principal de la marque au losange.

***
Deux semaines chômées mais pas de chômage…

La direction de la fonderie PSA des Ayvelles a confirmé mercredi après-midi devant le comité d'entreprise de l'établissement que la production allait être revue à la baisse d'ici la fin de l'année. Deux semaines seront chômées (46 et 51). En revanche, le système de souplesse lié à l'accord sur la réduction du temps de travail permet de ne pas recourir au chômage partiel.
« Ce bon accord permet aux salariés de ne pas être pénalisés financièrement », a commenté Michel Beauchot, secrétaire du CE, et délégué Force Ouvrière (majoritaire). Mais devant le comité, il a en revanche fait part de son inquiétude. « Dans un contexte de grave crise, la fonderie n'est pas épargnée. Le syndicat FO note cependant que les usines d'assemblage de Tarnava (Tchéquie) et désormais de Kalouga (Russie) continuent de produire, quitte à ce que les voitures soient ensuite redirigées vers l'Europe de l'Ouest où des sites, en revanche, sont fermés provisoirement, comme à Sochaux. Il n'y a pas de plan social au sein de PSA, mais l'emploi est fragilisé. Il y a pour l'heure 219 intérimaires et CDD aux Ayvelles ; il n'y en aura plus que 171 au 1er décembre et 150 au 5 janvier. »
L'usine PSA des Ayvelles demeure le plus gros employeur privé de Champagne-Ardenne avec plus de 2.100 salariés.
Ph.M.

***
19 usines en France

Le groupe PSA possède en France six sites de production, d'où sortent des véhicules prêts à la vente, et treize sites de mécanique ou fonderie, dont Charleville-Mézières, qui fournissent des pièces détachées.
Les premiers nommés sont Aulnay-sous-Bois (C2 et C3 ; 4.700 salariés), Mulhouse (206 et 308 ; 10.020 salariés), Poissy (207 et 1007 ; 6.600 salariés), Rennes (407, C5 et C6 ; 8.800 salariés), Hordain Sevelnord (807, C8, Expert et Jumpy ; 4.200 salariés) et Sochaux (307, 308 et 607 ; 13.000 salariés).
Les seconds sont Asnières (organes hydrauliques et pièces décolletées ; 100 salariés), Caen (liaisons au sol et transmission ; 2.131 salariés), Charleville (fonderie ; 2.402 salariés), Douvrin (moteurs ; 3.880 salariés), Hérimoncourt (moteurs et boîtes ; 293 salariés), Metz (boîtes ; 2.260 salariés), Mulhouse (liaisons au sol, fonderie, forge et outillage ; 2.638 salariés), Saint-Ouen (emboutissage et outillage ; 673 salariés), Sept-Fons (fonderie ; 760 salariés), Sochaux (liaisons au sol et amortisseurs ; 796 salariés), Trémery (moteurs ; 4.100 salariés) et Valenciennes (boîtes ; 2.413 salariés).
Source PSA. Situation au 1er février 2008.

Imprimer Recommander Wikio digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952