Publié le mardi 15 décembre 2009
Le projet du milieu d'année, avec 7 000 places, s'élevait déjà à 50 millions d'euros. A 12 000 places, la note devrait encore grimper.
David Zanga
Ils ne souhaitaient s'exprimer que d'une voix. Pour éviter la cacophonie ou ne pas trop se mouiller ? Peu importe, car finalement, sous la bannière unifiée du Conseil général, la réponse est venue hier en fin d'après-midi via un communiqué commun. Le Département et les maires de Châlons, Epernay et Reims sont en accord : il faut construire un parc-expo avec une salle de 12 000 places pour les concerts à Châlons-en-Champagne, tel que préconisé par une étude de la société Ract Madoux (l'union du 12 décembre).
Comme nous l'indiquions samedi, l'étude commandée par le Conseil général a bien été soumise aux maires des trois communes de la Marne où sont implantés des équipements de spectacle, concert et congrès : Bruno Bourg-Broc (Châlons), Adeline Hazan (Reims) et Franck Leroy (Epernay). Et, selon le communiqué d'hier, les trois élus, mais aussi le Conseil général, ont pris des « engagements » : « l'hypothèse d'un positionnement différencié du Millesium d'Epernay et du Parc des expositions de Châlons […]. Le premier accueillerait les artistes susceptibles d'attirer jusqu'à 8 000 spectateurs, le second des artistes mobilisant de 8 000 à 12 000 personnes. Cela permettrait d'éviter une concurrence frontale entre les équipements ». Pour sa part, Bruno Forget, président de l'UCIA de Châlons, organisateur de la fameuse foire qui propose moult concerts durant les dix jours d'animations, se montre circonspect. « Je découvre ce projet ambitieux et audacieux. Pour notre part, en accueillant des artistes populaires avec des places à 3 et 5 euros, nous avons du mal à dépasser les 12 000 spectateurs… » Quant à Stéphane Lang, président de l'association Reims au Zénith, qui milite pour l'implantation d'une salle éponyme dans la cité des sacres, s'il se réjouit de l'annonce de la construction d'une telle enceinte, « c'est à Reims et non à Châlons qu'elle doit se situer. Comme l'étude semble le démontrer, le département manque d'un tel équipement, mais c'est au centre des infrastructures de transports et du fameux G10, donc à Reims, qu'elle doit se situer ».
Visiblement, Adeline Hazan, qui n'a pas donné suite à notre demande d'interview hier, ne l'entend pas de cette oreille. Pour sa part, son homologue de Châlons ne s'est pas plus rué vers nous afin de dévoiler le financement de ce projet redimensionné par rapport au nouveau parc-expo initialement envisagé. La version du milieu d'année, avec 7 000 places, s'élevait déjà à 50 millions d'euros. A 12 000 places, la note devrait encore grimper.
« Principes de coopération »
Alors, bien évidemment, le Conseil général, qui souligne la nécessité de « mettre en place un système de transport des personnes afin de faciliter l 'accès aux spectacles » (comme l'annonçait l'étude de la société Ract Madoux…) veut aussi, avec les représentants des communes, « explorer des voies de coopération ». Pour faire court, les délégations de service publique des trois équipements (Millesium, Parc Expo de Reims et le nouveau de Châlons) intégreront des « principes de coopération », tel qu'un « bureau des congrès et associations ». Le but est de générer plus d'organisations de « manifestations économiques, conventions d'affaires ou salons grand public ». Cette association « aurait pour objectif de conduire des actions de promotion, de prospection […] pour une programmation concertée des événements dans la Marne ».
Avant cela, il convient déjà d'établir la concertation au sein du conseil municipal de Châlons et à l'hôtel du département. C'est en raison d'une subvention de 6 millions par la Marne à ce projet châlonnais qui l'étude a été entreprise. Là, encore, 6 millions, c'était pour une enceinte de 7 000 places. A 12 000 spectateurs, va-t-on passer à 8 ou 10 millions ?
F.G.









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