Publié le jeudi 26 novembre 2009
Pour travailler sur l'ordinateur, le Cotterézien s'en approche de très près et utilise loupe et lunettes.
laurence Picano
«Ç A m'a fait comme au théâtre : rideau ! » Ce jour de 1995, Reynald Maréchal ne l'oubliera jamais : « C'était un jeudi. » Alors qu'il fermait le restaurant dans lequel il travaillait, il est devenu quasiment aveugle.
Il n'a plus jamais exercé la profession de serveur (il était chef de rang à l'époque). Depuis, il affirme avoir développé d'importantes compétences en informatique, mais il ne trouve pas de travail.
« Il suffirait que je mette un pied dans la société », lance-t-il, sûr de faire ses preuves. En attendant, il tente d'entrer par la petite porte en créant ses propres sites Internet, en guise de démonstration de son savoir.
Tout semblait pourtant avoir bien tourné pour le Cotterézien. Il a travaillé durant deux ans pour une association : « Je faisais du télétravail pour refaire, maintenir et améliorer le site Internet ; gérer les membres. » C'était « un emploi aidé » et il a pris fin.
« J'étais sûr de retomber sur mes pattes, tellement je recevais d'offres… » Mais la crise est passée par là. L'homme utilise encore l'une de ses expressions imagées : « C'est comme si on éteignait une lumière. »
Neuf ordinateurs
Depuis le 19 octobre 2008, date de la fin de son contrat, il se démène : il a créé son site - « c'est le 20e » - une sorte de vitrine de son savoir-faire : « J'intègre des nouvelles technologies web pour montrer ce que je sais faire ».
Il en passe du temps devant l'écran ! Il indique avoir neuf ordinateurs à son domicile, formant un réseau local.
Il montre un tutoriel (sorte de mode d'emploi) qu'il a réalisé. Il dit en avoir fait des tas, composés, chacun, de 80 à 150 pages. Il voudrait bien prouver ses compétences et pouvoir vivre de ce qui est une vraie passion, découverte un peu par hasard.
Vidéoagrandisseur
Après six opérations chirurgicales et la pose d'un cristallin artificiel, en raison de multiples décollements de rétine, il ne s'est pas laissé aller. Il dit avoir multiplié les démarches pour se former et a finalement trouvé sa voie, dans l'informatique. « Ça a fait tilt », raconte-t-il, évoquant une formation d'agent administratif.
Il s'est montré doué : « J'aidais les autres. ». Il raconte l'intervention d'une assistante sociale pour lui faire obtenir un « clavier avec des grosses lettres, un logiciel de grossissement et un vidéoagrandisseur ». Très vite, il allait se perfectionner, s'intéressant à l'intérieur de l'ordinateur et à son fonctionnement.
Jusqu'à additionner les formations et acquérir un « niveau bac plus 2 » en 2006 avec le titre de « développeur informatique ». Ne reste plus qu'à trouver la « petite structure » qui l'emploiera !
Laurence PICANO
macmicro.chez-alice.fr/











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