Publié le vendredi 27 février 2009 à 01H00 - Vu 8 fois
Marie-Christine Malet et Jacques Philippe, représentants des salariés, sont soulagés par la décision du tribunal de Lisieux.
Jean BATILLIET
MARIE-CHRISTINE MALET pousse un « ouf » de soulagement. Le tribunal de commerce de Lisieux (Calvados) a accordé mercredi un nouveau sursis de trois mois à l'entreprise Plysorol, à Magenta, spécialisée dans la fabrique de planches en contreplaqués. « C'est évidemment une bonne nouvelle », lance la représentante des salariés qui se bat depuis plusieurs mois pour sauver l'activité. Placée en redressement judiciaire au mois de novembre 2008, suite à des difficultés conjoncturelles selon la direction du groupe, l'entreprise est, depuis, gérée par un administrateur judiciaire. Les trois mois de sursis accordés par la juridiction normande vont permettre au site de Magenta, qui compte actuellement 97 salariés, de poursuivre son activité jusqu'au 25 mai prochain. « Nous évitons, bien sûr, la liquidation judiciaire et, en plus, cinq candidats à la reprise se sont fait connaître auprès du tribunal qui va être conduit à statuer sur cette reprise », explique la secrétaire du comité d'établissement.
« Ces candidatures prouvent que l'entreprise est viable, que nous avons bien fait de nous battre et qu'elle intéresse des spécialistes de la filière. En novembre nos inquiétudes étaient grandes », souligne la responsable syndicale. Le dépôt au tribunal de commerce de Lisieux de ces cinq offres ouvre de nouvelles perspectives au site de Magenta, à celui de Lisieux (siège de l'entreprise) et de Fontenay-le-Comte (Vendée). « Il faut souligner que le comité central d'entreprise s'est doté d'un expert économique pour nous aider dans l'analyse comparative de ces offres et leurs conséquences. Il faut savoir que rien n'est définitif et rien n'est figé. Tous les plans peuvent évoluer », explique Marie-Christine Malet.
Elle annonce que le cabinet d'expertise va prendre rendez-vous avec les différents candidats à la reprise afin de prendre connaissance, conformément à la législation, de leur projet et de leurs propositions. «
L'activité en hausse
Le nombre d'emplois, sur l'ensemble des trois sites, est important puisqu'il représente 472 salariés mais il est important que les offres soient pérennes. Le comité d'entreprise aura son avis à donner sur les propositions des différents candidats dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi. Un premier rendez-vous est déjà fixé le mercredi 11 mars », précise Marie-Christine Malet. Et d'ajouter : « Nous aurons un deuxième comité central fin mars avant l'audience du tribunal qui devrait statuer sur la reprise. » Deux offres globales ont été faites pour la reprise des trois sites. L'une émane d'une société chinoise et l'autre d'une société libanaise implantée au Gabon. Les trois autres candidats proposent des reprises partielles. « Depuis le début de l'année l'activité a bien repris. Nous sommes passés de 70 m3 par jour à 80 m3. L'administration judiciaire a même autorisé le recrutement de quelques intérimaires afin que l'entreprise puisse faire face à la demande et aux commandes », commente la représentante des salariés.
Les élus locaux s'étaient mobilisés pour soutenir l'entreprise de Magenta qui est l'une des rares entreprises de Champagne-Ardenne à développer une activité de transformation dans la filière bois, très importante dans la région. Le groupe Plysorol, qui emploie aussi 500 personnes au Gabon, est détenu à 100 % par un investisseur portugais, Sonae capital, qui a réalisé en 2008 un chiffre d'affaires de 6,2 millions d'euros. Il occupe un marché porteur compte tenu des évolutions environnementales et du succès des produits en bois, particulièrement écologiques. Depuis l'annonce des difficultés financières de ce groupe, les salariés de Plysorol Magenta ont su se mobiliser avec détermination et clairvoyance.
Jean Batilliet
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