Publié le mardi 03 février 2009 à 01H00 - Vu 428 fois
Philippe Gourmain, expert forestier.
« SI le bois est une valeur solide, son placement n'est pas dénué de risques. On s'en rend bien compte actuellement avec la tempête dans le Sud-Ouest ».
D'origine soissonnaise, Philippe Gourmain, est un expert forestier. Bien que son siège social se trouve à Boulogne-Billancourt.
Il s'occupe de vendre des forêts de plus de 50 hectares. « Nous sommes très présents en Champagne-Ardenne et en Picardie. » Avec une rentabilité de 4 %, la forêt privée peut-être considérée comme un placement « pépère ». Philippe Gourmain reconnaît que « ces taux faisaient sourire certains à une époque où la bourse faisait des bonds en avant de 10 %. Ce n'est plus le cas maintenant ».
S'il y a encore quelques années, le goût de la nature et le fantasme de la cabane en bois doublée d'un investissement récréatif plaisaient à certains nantis amateurs de verts, ce n'est plus le cas maintenant. « C'est un marché secondaire. Aujourd'hui, nous avons affaire à des clients avec des visions d'entrepreneurs. De toute façon, il faut des moyens financiers pour acquérir une forêt. IL s'agit plus d'une diversification de particuliers qui ne savent plus trop dans quoi investir. »
Les forêts axonaises
Depuis 10 ans, la forêt privée a augmenté ses transactions d'un tiers et ses prix de 70 %. Un essor faisant monter le prix de l'hectare à 5.500 euros. « Nous avons été particulièrement sollicités depuis 2006. Ainsi les prix fixés par nos soins en tant qu'expert étaient dépassés. On pouvait arriver à 7.000 ou 8.000 €/ha. Les prix s'envolaient. Notamment dans des forêts axonaises comme dans le Vermandois ou le Saint-Quentinois. La forêt de la Thiérache est magnifique, riche et diversifiée. »
Le prix de la forêt
Plusieurs critères définissent le prix d'une forêt. « Il y a tout d'abord le calcul du sol nu qui varie de 500 € à 1.500 € par exemple dans la région Champagne-Ardenne ou Picarde. Ensuite, il y a le stock de bois en volume multiplié par le prix du marché du bois. On peut compter aussi avec la valeur d'avenir si on achète de jeunes arbres. Dans ce cas-là, il faut calculer sur 15 ans. La valeur de la chasse compte également. Elle correspond à un revenu régulier. Si vous avez une belle chasse vous pouvez la louer jusqu'à 100 euros l'hectare. Si en plus, elle possède un petit étang et un pavillon de chasse, les prix de la location peuvent encore monter. »
La bulle « verte » éclate
Pourtant cette bulle « verte » risque d'éclater. « Le ralentissement économique entraîne une baisse d'activité en terme de construction, donc de charpentes en bois. On retrouve cette même situation avec les palettes en bois. Devant cette situation, il y a mécaniquement un impact sur le prix du bois. L'épisode du Sud-Ouest va également jouer un rôle sur la baisse des prix. Il faut comprendre que les Landes représentent 10 % de la surface française en terme de forêts privée. Nous avons déjà connu ce phénomène avec la tempête de 1999. »
Philippe Gourmain sait déjà que les prix à l'hectare vont descendre. « Les acheteurs potentiels sont en situation d'attente. C'est vrai que les perspectives ne semblent pas réjouissantes. Mais si la forêt est un bon placement, c'est un placement à dix ans qui concerne plusieurs générations. Et puis, il ne faut pas oublier que les demandes mondiales en bois ne cessent d'augmenter. »
Sophie Claeys-Pergament
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Coopérative forestière des Ardennes : « La forêt, c'est dans les tripes ! »
À la coopérative forestière des Ardennes à Charleville-Mézières, on s'occupe, en autres, de vendre, de marquer les coupes de bois ou de rédiger des plans simples de gestion et des expertises sur plus de 3.000 hectares.
La Cofa a réalisé, en 2007, un chiffre d'affaires de 4.5 millions d'euros. Elle vend en moyenne 85.000 m3 de bois et plante plus de 50.000 arbres.
Forte de 1.200 adhérents, la coopérative gère 21.000 hectares de bois. Parmi ceux-ci 2/3 possèdent moins de 10 hectares, et la moitié, moins de 4 hectares. « La majorité des propriétaires sont d'origine ardennaise. En revanche, mous retrouvons toutes les origines socioprofessionnelles chez les acquéreurs, même s'il faut reconnaître que nombre d'entre eux sont des exploitants agricoles ou descendants d'exploitants agricoles. »
Directeur de la structure, Jean-Claude Hannnique ajoute que « certains ont décidé d'investir dans le bois car la fiscalité y est avantageuse. Il n'y a pas d'impôts directs sur la coupe de bois. De plus, dans le cadre de la transmission, les modalités permettent d'être taxé sur le quart de la valeur du bien. »
« La notion du temps »
Si durant les années 90, la bulle verte s'est fortement développée dans les Ardennes grâce aux acquisitions de nombreux représentants de professions libérales, amateurs de chasse, Jean-Claude Hannique explique « que la forêt est un milieu inerte au niveau placement à l'inverse de la bourse. Dans ce milieu, on ne peut pas raisonner à court terme. Il faut bien comprendre que la notion du temps joue beaucoup. Le taux de rapport pour le chêne est de 1,5 %, pour les résineux de 4, 5 % ». Les fortunes ne font pas et ne se défont pas du jour au lendemain.
L'envie d'un domaine
C'est ce qu'apprécie Jean-Claude Hannique. « Dans l'achat d'une forêt, il existe des notions personnelles qui ne sont pas quantifiables. On peut simplement dire qu'on ne peut pas se promener dans des Sicav, une forêt, c'est possible. » Dans les Ardennes, l'acquisition de forêts a toujours autant la cote d'autant plus « qu'à la suite de la déconfiture de la bourse, les gens cherchent des placements refuge. Pourtant l'état d'esprit des investisseurs est assez différent. Je ne retrouve pas de logique d'entreprise dans ces achats, car la forêt, c'est dans les tripes ! Nous avons toujours de la demande, et parfois de la part de clients souhaitant acquérir des forêts dont la surface peut atteindre 500 ha. Ce qui représente quelques millions d'euros. La volonté de placer son argent dans une valeur refuge est indissociablement liée à l'envie de posséder un domaine ».
Une valeur refuge qui dépend toutefois encore et toujours de la nature. Selon Jean-Claude Hannique, « il suffit de regarder ce qui s'est passé la semaine dernière dans le Sud-Ouest pour le comprendre ».
S.C.-P.
Les Ardennes représentent 75.000 ha de forêts privées répartis parmi 25.000 propriétaires.
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Groupama : 22.000 ha de forêts
Spécialiste de l'assurance des bois et forêts depuis 1947, Groupama Misso assure 280.000 ha de forêts privées, communales et institutionnelles, dans toute la France métropolitaine dont 145.000 dans le Sud-Ouest. Groupama Immobilier, quant à a lui, gère un patrimoine de plus de 22.000 ha (ce qui en fait l'un des tout premiers gestionnaires privés français) comprenant 32 forêts.
La production annuelle des forêts gérées par la structure, est de l'ordre de 130.000 m3 de bois, en moyenne 100.000 m3 par an sont récoltés et exploités. « Nous avons débuté à investir dans le bois dans les années 50 après la dernière guerre », indique-t-on à la direction de la communication de la Misso. « On peut considerer que c'est le prolongement de notre implication dans le milieu agricole. »Coopérative forestière des Ardennes : « La forêt, c'est dans les tripes ! »
À la coopérative forestière des Ardennes à Charleville-Mézières, on s'occupe, en autres, de vendre, de marquer les coupes de bois ou de rédiger des plans simples de gestion et des expertises sur plus de 3.000 hectares.
La Cofa a réalisé, en 2007, un chiffre d'affaires de 4.5 millions d'euros. Elle vend en moyenne 85.000 m3 de bois et plante plus de 50.000 arbres.
Forte de 1.200 adhérents, la coopérative gère 21.000 hectares de bois. Parmi ceux-ci 2/3 possèdent moins de 10 hectares, et la moitié, moins de 4 hectares. « La majorité des propriétaires sont d'origine ardennaise. En revanche, mous retrouvons toutes les origines socioprofessionnelles chez les acquéreurs, même s'il faut reconnaître que nombre d'entre eux sont des exploitants agricoles ou descendants d'exploitants agricoles. »
Directeur de la structure, Jean-Claude Hannnique ajoute que « certains ont décidé d'investir dans le bois car la fiscalité y est avantageuse. Il n'y a pas d'impôts directs sur la coupe de bois. De plus, dans le cadre de la transmission, les modalités permettent d'être taxé sur le quart de la valeur du bien. »
« La notion du temps »
Si durant les années 90, la bulle verte s'est fortement développée dans les Ardennes grâce aux acquisitions de nombreux représentants de professions libérales, amateurs de chasse, Jean-Claude Hannique explique « que la forêt est un milieu inerte au niveau placement à l'inverse de la bourse. Dans ce milieu, on ne peut pas raisonner à court terme. Il faut bien comprendre que la notion du temps joue beaucoup. Le taux de rapport pour le chêne est de 1,5 %, pour les résineux de 4, 5 % ». Les fortunes ne font pas et ne se défont pas du jour au lendemain.
L'envie d'un domaine
C'est ce qu'apprécie Jean-Claude Hannique. « Dans l'achat d'une forêt, il existe des notions personnelles qui ne sont pas quantifiables. On peut simplement dire qu'on ne peut pas se promener dans des Sicav, une forêt, c'est possible. » Dans les Ardennes, l'acquisition de forêts a toujours autant la cote d'autant plus « qu'à la suite de la déconfiture de la bourse, les gens cherchent des placements refuge. Pourtant l'état d'esprit des investisseurs est assez différent. Je ne retrouve pas de logique d'entreprise dans ces achats, car la forêt, c'est dans les tripes ! Nous avons toujours de la demande, et parfois de la part de clients souhaitant acquérir des forêts dont la surface peut atteindre 500 ha. Ce qui représente quelques millions d'euros. La volonté de placer son argent dans une valeur refuge est indissociablement liée à l'envie de posséder un domaine ».
Une valeur refuge qui dépend toutefois encore et toujours de la nature. Selon Jean-Claude Hannique, « il suffit de regarder ce qui s'est passé la semaine dernière dans le Sud-Ouest pour le comprendre ».
S.C.-P.
Les Ardennes représentent 75.000 ha de forêts privées répartis parmi 25.000 propriétaires.
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Groupama : 22.000 ha de forêts
Spécialiste de l'assurance des bois et forêts depuis 1947, Groupama Misso assure 280.000 ha de forêts privées, communales et institutionnelles, dans toute la France métropolitaine dont 145.000 dans le Sud-Ouest. Groupama Immobilier, quant à a lui, gère un patrimoine de plus de 22.000 ha (ce qui en fait l'un des tout premiers gestionnaires privés français) comprenant 32 forêts.
La production annuelle des forêts gérées par la structure, est de l'ordre de 130.000 m3 de bois, en moyenne 100.000 m3 par an sont récoltés et exploités. « Nous avons débuté à investir dans le bois dans les années 50 après la dernière guerre », indique-t-on à la direction de la communication de la Misso. « On peut considerer que c'est le prolongement de notre implication dans le milieu agricole. »
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La forêt privée en chiffres
Champagne-Ardenne
C'est une forêt étendue : 58 % de la forêt régionale et 390.000 ha de bois et forêts de production. C'est une forêt morcelée avec environ 140.000 propriétaires, mais 1.600 propriétés de plus de 25 ha soumises au plan simple de gestion représentant à elles seules 45 % de la forêt privée (176.000 ha).
La forêt champardennaise est fort variée : 80 % de feuillus, 14 % de résineux, 6 % de peupliers et des produits de qualité (chêne, hêtre, feuillus précieux…).
C'est également une forêt productive, mais encore largement sous-exploitée. Production annuelle : 4,8 millions m3 dont moins de 60 % récoltés.
Picardie
C'est une forêt modeste : 18 % du territoire en Picardie et 9 % en Nord Pas-de-Calais… mais en expansion : +8 % en 15 ans en Picardie et +16 % en Nord Pas-de-Calais.
La forêt est majoritairement privée : plus de 70 % de 440.000 ha de forêts régionales. Elle est gérée par environ 170.000 propriétaires dont 1.850 possèdent un massif de 25 ha et plus. Cette forêt est diversifiée et majoritairement feuillue : plus de 90 % de feuillus. Une forêt sous-exploitée : moins de 50 % de la production annuelle est récoltée. Une forêt gérée durablement : 90 % des forêts de plus de 25 ha sont couvertes par un plan simple de gestion.
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