Publié le vendredi 30 novembre 2007 à 01H00 - Vu 135 fois
Près de 140 ans après son installation boulevard Henri-Vasnier, la maison Piper-Heidsieck s’apprête à quitter son siège historique. Son PDG, Anne-Charlotte Amory explique les raisons de cette décision. En 2010, un ensemble de 300 logements sera livré sur l'actuel site Piper. PHOTO (Archives l’union): Anne-Charlotte Amory : « Avec cette opération, « Piper » rationalise son activité sur un seul site ».
HervÈ Oudin
CE soir marquera la première des deux étapes de la fin d’une époque pour « Piper-Heidsieck » (*). Les derniers visiteurs prendront le célèbre « petit train » de la visite des caves, qui seront définitivement fermées au public (l’union d’hier).
Dans quelques mois, le personnel quittera ce lieu historique dans lequel la maison s’était installée en 1870 en reprenant les caves de deux autres maisons. Les pavillons « historiques » avaient été conçus par l’architecte Alphonse Gosset, rappelle l’architecte municipal Olivier Rigaux.
De son côté, le PDG de la maison, Anne-Charlotte Amory explique ce départ.
La plupart des grandes maisons ont leur siège en ville et leurs installations techniques en périphérie. Pourquoi quitter le centre de Reims alors que vous étiez l’une des maisons les plus visitées ? Ce départ était-il nécessaire ?
« Piper » avait la volonté de regrouper tous ses moyens sur un seul site, allée du Vignoble, au lieu de quatre (**), car notre organisation était dispersée. C’était une nécessité parce que le fonctionnement était peu pratique et onéreux.
Ce départ entraîne sans doute une réorganisation de la maison. Qu’est-ce qui va changer en interne, notamment en matière d’emploi ?
Cela amènera une simplification dans l’organisation mais pas de départ de personnel autre que les retraites déjà programmées. Les autres personnes seront reclassées dans des postes ou projets nouveaux.
Et sur le plan stratégique ?
C’est d’abord une opération financière. « Piper » fonctionnait avec des actifs lourds par rapport à la dimension de l’activité. Sur le plan opérationnel, l’organisation sera plus rationnelle avec un site de stockage au lieu de trois, un site de remuage au lieu de deux, etc. L’ensemble sera plus cohérent et financièrement plus intéressant. Mais on ne se rend pas encore compte de toutes les optimisations.
Sur le plan touristique, les visiteurs seront-ils encore accueillis chez vous ? Si oui, que leur montrerez-vous ?
Nous aurons un site d’accueil, allée du Vignoble. Nous conservons également notre pavillon des Crayères, rue du Chemin-Vert, dont nous avons revendu une partie du terrain au même opérateur que pour la reprise de notre siège. Nous conservons donc les caves gallo-romaines. Cependant, notre accueil sera d’abord ciblé fournisseurs, VIP et journalistes. Peut-être un jour vers le grand public. Car les contraintes de réception du public sont de plus en plus rudes et les Romains n’y avaient pas pensé !…
Vos installations en périphérie de Reims sont neuves. Comment le lien avec le passé de « Piper-Heidsieck » et avec son identité originelle se traduira-t-il ?
Le site de l’allée du Vignoble est contemporain, c’est donc un contexte différent. « Piper-Heidsieck » est une marque innovante et contemporaine. Notre choix architectural symbolise donc l’histoire et la sophistication du champagne, et l’aspect contemporain de la marque. Le bâtiment est simple et sera orné d’une « dentelle » métallique qui sera une référence à l’histoire.
Quel est le montant de l’investissement engagé pour ce transfert ?
Nous avons investi 10M € et désinvesti (revendu) pour 20M €. C’est donc une opération financière intéressante, qui nous permet de nous projeter dans l’avenir, avec un développement à long terme.
Recueilli par J.F. Scherpereel
Piper-Heidsieck : 200 personnes – 100ha de vignes en proprepour1.000 ha exploités – 10millions de cols vendus dont 80 % à l’export. ** Le siège, boulevard Henri-Vasnier ; le pavillon des Crayères, rue du Chemin-Vert ; la maison « Charles-Heidsieck » en face du siège et l’allée du Vignoble (technique).
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Trois cents logements livrés en 2010
Si l’on en croit la maquette, ce sera magnifique. Le « programme » immobilier qui remplacera le site de « Piper-Heidsieck » comportera 300 logements, du studio au « T5 », vendus 3.500 € le mètre carré et insérés dans 2,3ha.
La livraison est prévue en 2009 pour la première tranche. En 2010 pour la seconde.
La façade principale donnera sur la rue des Coutures, mais l’entrée pourra se faire par la « cour d’honneur » actuelle.
Pour conserver la « mémoire du site », la grille de façade sera conservée, de même que les pavillons « historiques ». Les 15.000m2 de parcs classés le seront également.
Ce nouvel ensemble sera entièrement piétonnier, les deux principaux immeubles étant séparés par un « mail ».
Les caves de champagne seront transformées en caves tout court, mais dans l’esprit champenois. Les voitures seront interdites dans ce bel espace.
Des parkings souterrains seront réservés aux habitants.
Le parking actuel en bordure de propriété servira aux visiteurs.
Enfin, les premiers acheteurs sont essentiellement rémois. Quelques investisseurs parisiens se sont intéressés à ces appartements « haut de gamme ».
Mais à ce jour, un seul couple identifié projette de quitter Paris pour s’y installer.
J.F.S.
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