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Nuage de chlore chez Ecolab : c'était heureusement de la fiction

Publié le mercredi 19 novembre 2008 - Vu 109 fois


En tout début d'après-midi, d'importants moyens matériels et humains ont été déployés sur le site.

En tout début d'après-midi, d'importants moyens matériels et humains ont été déployés sur le site.


Il était 14 h 01 hier, quand la sirène de l'usine Ecolab, unité de production de détergents et de désinfectants pour l'industrie, l'hôtellerie ou encore le commerce, a retenti. Nous sommes avenue Patton dans une usine qui compte 203 salariés. Alerte sonore et première mobilisation des « pompiers maisons » avant que les pompiers du 18 n'arrivent, il faut faire vite car un incident vient de se produire dans un atelier de production où une fuite d'acide est née dans un mélangeur contenant de l'eau de javel. Ce qui a créé un nuage de chlore, très toxique.
Tester et vérifier
Scénario catastrophe, mais scénario bien maîtrisé, hier il ne s'agissait fort heureusement que d'un exercice, mais d'un exercice de grande ampleur qui a mobilisé de nombreux professionnels. « C'est un PPI, un plan particulier d'intervention qui est proposé aujourd'hui. Cet exercice d'incident majeur sur site classé Seveso seuil haut (ndlr : comme AZF à Toulouse par exemple) vient compléter le dispositif de sécurisation actuel qui est régulièrement testé avec les pompiers de Châlons », fait savoir Marc Frelot, responsable des ressources humaines. Au sein du site d'exploitation contenant de nombreuses cuves de produits toxiques, nul n'était au courant de cette simulation (à quelques exceptions près). La cellule chimique de Reims, de nombreux pompiers de Châlons et des responsables de la DRIRE (Direction régionale de l'industrie de la recherche et de l'environnement) étaient attendus sur place. Personne n'a tardé, ce qui est rassurant. Le but d'un tel déploiement : « tester la réactivité en interne et vérifier l'efficacité de toute la chaîne d'alerte au-delà du simple site de l'usine », explique-t-on du côté de la préfecture, partie prenante car en cas d'événement de ce type, un COD (Centre opérationnel départemental) serait activé par le préfet, directeur des opérations en l'occurrence.
Alors que la sirène continue de cracher son ton strident, 20 pompiers internes d'Ecolab-Henkel (les deux usines sont implantées sur un même site) prennent l'affaire en main. Les personnels de l'usine sont évacués des bâtiments puis confinés.
Deux heures
« En situation réelle, les portables sont confisqués pour éviter toute communication extérieure », poursuit le responsable RH. Circulation et collecte des infos, policiers empêchant tout accès sur cette portion de l'avenue, les camions des sapeurs-pompiers sont arrivés à bon port. Là, pas de temps à perdre.
Les salariés présents sont dénombrés. Un premier blessé (fictif) a été pris en charge avant qu'une équipe spécialisée n'enfile des tenues ressemblant à des scaphandres afin de partir au secours d'un second blessé localisé en zone dangereuse.
Tout est parfaitement huilé puisqu'un autre binôme s'est également vêtu de combinaisons spéciales afin de reconnaître les lieux, mesurer les gaz.
Comme du papier à musique. En cas d'incident, la coordination est plus que parfaite. Deux heures après l'alerte : le mot fin. L'heure du débriefing. Aucune anomalie signalée. 5 sur 5 pour le 18 !
David Zanga

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