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Marne / Conseil général Vatry : les élus votent sans visibilité

Publié le samedi 07 novembre 2009 à 01H00 - Vu 10 fois



HIER, les élus du conseil général qui avaient à se prononcer sur l'avenir de l'aéroport Paris-Vatry, ont voté en « IFR » pour reprendre le jargon aéronautique ; sans visibilité et même sans instruments, car l'étude qui aurait pu éclairer la trajectoire de la plateforme aéroportuaire et des élus qui pilotent largement son financement, est loin d'être livrée. Décidée en juin dernier, on n'a pas encore choisi le cabinet qui la réalisera.
Faute de mieux, les conseillers généraux ont donc planché sur le rapport du président Savary ainsi que sur celui du médiateur, Daniel Chabanol, sans oublier le détail du plan quinquennal de retour à l'équilibre qui était fourni avec.
Or donc, pour être de bon goût, les élus auraient dû répondre au souhait de leur président qui réclamait ni plus ni moins l'unanimité pour voter, comme un seul homme, l'apport de 5,25 millions d'euros pour tendre vers l'équilibre sur la période 2009-2013, et une autre enveloppe destinée à l'« aide à la gestion », soit au maximum 5,6 millions d'euros sur 5 ans, à raison d'1,12 million par an.
Nouvelle répartition
Monsieur Savary qui se plaît à adopter un ton tantôt badin, tantôt goguenard, histoire de dédramatiser la situation, a humblement plaidé sa cause, expliquant que le sort du conseil général était pour ainsi dire « moins grave que si c'était pire », comme disait Coluche ; parce que l'avenant soumis au vote des élus induisait une nouvelle répartition des charges entre le département et le délégataire, le premier supportant 70 % du financement, quand la Seve acceptait de supporter les 30 % restants.
Un profond malaise était néanmoins perceptible dans l'assemblée… De fait, quand la parole a été donnée aux divers groupes, la météo s'est assombrie. Le groupe PS, après un réquisitoire assez sévère, s'est dégonflé pour ne pas départager les clans Savary et De Courson. Un choix tactique plus qu'un choix de raison.
Charles-Amédée de Courson a brillamment exposé la situation de Vatry et plaidé une solution alternative à la poursuite en l'état des activités.
Pour lui, il est temps d'envisager non pas un démantèlement ou un abandon pur et simple de Vatry, mais un adossement à un opérateur de premier rang, comme aéroport de Paris, ou un autre européen. La Seve pourrait ainsi envisager un développement digne de ce nom.
Nombreuses anomalies
Dans le même ordre d'idée, M. de Courson estime utile d'envisager la cession de l'aéroport et de la plateforme, car la vocation du département n'est pas de faire des affaires… Dans l'ensemble, les élus socialistes et ceux du groupe de Courson ont mis en doute le caractère conjoncturel du déséquilibre dont Vatry est affecté. Or seul ce constat légitime la continuation de la délégation de service public et les interventions en comblement de la collectivité.
Un élu UMP, Pierre Faynot, s'est fait remarquer par la pertinence de son analyse du plan quinquennal de retour à l'équilibre. Pour lui, de trop nombreuses anomalies sont perceptibles dans ce document qui prévoit une augmentation des tonnages de fret providentielle sur les deux derniers exercices de ce plan. Comme M. de Courson, il est très critique sur le caractère « symbolique » de l'engagement de la Seve dont rien ne garantirait la capacité de financement. M. Faynot a posé nombre de questions gênantes au président et à Patrice Valentin. On l'a assuré de prochaines réponses, mais il faudra attendre.
Quand le moment est venu de passer au vote, le groupe de M. de Courson a demandé à ce que la chose se fasse à bulletin secret. Une liberté que le groupe Savary s'est empressé de lui refuser.
Mais il faut noter que le président qui jouait les bateleurs a admis la possibilité d'une cession de Vatry, comme celle d'un abandon pur et simple de la DSP, en 2013 et peut-être même avant…
« Merci Simone »
Les socialistes se sont donc abstenus (15 voix + deux absents), sauf Thierry Mouton, qui a eu le courage de dire ce qu'il pensait, refusé le « panurgisme » de son groupe et voté fièrement contre l'avenant. Le groupe de Courson qui compte bien évidemment des élus centristes mais aussi des UMP a voté contre, 10 suffrages se sont donc portés sur le Non. Quant au groupe Savary, ses 17 élus ont voté Oui, certains en se bouchant le nez… comme Bernard Rocha.
Le département a donc choisi ce que Mme Férat nomme la voie de la « sagesse », il apportera donc quelques millions d'euros de plus aux 220 millions qui ont déjà été engagés sur Vatry.
Mais il y a fort à parier que le sujet reviendra au programme des débats sous quelques mois. Mme Férat a déclaré « je veille », ce à quoi M. Savary a répondu « Merci Simone ».
Philippe LE CLAIRE

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