Publié le mardi 17 mars 2009 à 01H00 - Vu 49 fois
Au lycée agricole, on fait même de la cacasse à cul nu.
«LORSQU'UNE jeune fille sait faire la soupe, elle est bonne à marier ». La phrase ferait sans doute bondir l'actuel préfet des Ardennes, Jean-François Savy. Elle a pourtant été prononcée par l'un de ses prédécesseurs. Il convient toutefois de préciser que les propos en question ont été tenus à l'occasion d'une visite du représentant de l'Etat à l'école ménagère de Bazeilles en… 1958. Onze ans plus tard, l'école ménagère fermait ses portes et le collège agricole de Saint-Laurent voyait le jour. L'enseignement dispensé est alors encore proche de celui de l'école ménagère. On apprend aux garçons à devenir agriculteurs et aux jeunes filles à maîtriser la couture et la cuisine mais aussi à savoir s'occuper d'une basse-cour. Bref, à devenir de bonnes épouses d'agriculteurs. Depuis, l'établissement a connu plusieurs mutations, souvent accompagnées d'un changement de nom. Devenu centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) en 1970, il se transforme en lycée d'enseignement professionnel agricole (Lepa) en 1979 puis en lycée d'enseignement général technologique agricole (Legta) en 1995. Cette année-là, l'établissement accueille 434 élèves. Ce record historique ne sera jamais battu. Aujourd'hui, ils sont 350 à fréquenter le lycée, qui propose des formations allant de la 3e au BTS. Une quarantaine de vaches laitières « Pour les formations courtes, nous avons un recrutement essentiellement local », explique Pierre Huchot, qui dirige le lycée agricole depuis quatre ans. « Pour les formations spécifiques en revanche, comme celles qui touchent à la chasse et à la forêt, nous avons un recrutement beaucoup plus large, avec des élèves qui viennent de Lorraine et du Nord-Pas-de-Calais ». Depuis 1972 par ailleurs, le lycée possède sa propre exploitation agricole avec un troupeau d'une quarantaine de vaches laitières, un élevage de gibier et un atelier de transformation agroalimentaire. Terrines de faisan ou de chevreuil, confitures de myrtilles ou de framboises, yaourts, cacasse à cul nu (en bocal) et bière (La Louve) sont ainsi réalisés au lycée et proposés à la vente, depuis 2003, à l'intérieur de la maison des produits du terroir. A la prochaine rentrée, l'actuel BEP agroalimentaire va d'ailleurs être remplacé par un bac pro « bio-industrie de transformation » qui se déclinera dans trois secteurs d'activité : la pharmacologie, la cosmétologie et l'agroalimentaire. « La mise en place de bacs pro en trois ans, c'est ce à quoi le lycée se prépare », indique Pierre Huchot. Pour ce 40e anniversaire, dont le coup d'envoi a été donné ce samedi à l'occasion de la traditionnelle journée portes ouvertes, il est prévu d'inviter prochainement les anciens élèves. Des anciens élèves qui sont devenus employés dans un élevage de gibier, gardes-chasse privés, animateurs nature ou encore techniciens qualifiés dans les industries agroalimentaires. « Nous avons un très bon taux de placement, dans différents métiers », souligne Pierre Huchot. Et qui sait, demain, ce sont peut-être les garçons qui apprendront à faire la soupe ? Bernard Giraud
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