Publié le vendredi 15 janvier 2010
Les salariés en grève, hier, devant la société italienne installée en zone industrielle des Étomelles depuis 1983.
BLEUZ¿
DE l'argent, ils sont persuadés qu'il y en a. Des miettes, ils n'en veulent pas. Alors, hier, chez Cavatorta, les syndicats CFTC et FO ont entamé une grève pour soutenir leurs neuf collègues licenciés pour des raisons économiques (l'union du 9 janvier). Un mouvement de solidarité et de soutien s'est constitué pour obtenir de la direction des indemnités financières plus élevées que ce minimum légal sur lequel elle campe : 4 000 euros en moyenne pour ces salariés qui représentaient les plus petits salaires et coefficients de la boîte. Des années d'ancienneté, des familles à charge et des emprunts sur le dos et 4 000 euros pour affronter des mois difficiles en perspectives. Insuffisant pour les grévistes.
La date de la grève n'a pas été choisie au hasard par les syndicats puisque c'est hier qu'avaient lieu les entretiens préalables aux licenciements. La veille, mardi soir, « la direction nous a appelés pour essayer de négocier et éviter la grève. Elle nous a proposé 1 000 euros bruts en plus », indique Karine Caron, déléguée syndicale CFTC, et Fabrice Crépin, délégué syndical FO. Ils n'ont pas voulu brader le mouvement pour si peu.
Devant le bûcher
Devant les grilles de cette société italienne spécialisée dans la fabrication de clôture, les grévistes ont tenu bon toute la journée, tandis que les uns après les autres, les neuf licenciés étaient reçus, « un nœud à l'estomac », confiait Patrick Saumon, l'un deux. Si les 53 salariés du site n'étaient pas dehors, hier, devant le bûcher, les grévistes ont toutefois reçu le soutien de délégués syndicaux d'autres sociétés soissonnaises en difficulté, ainsi que des maires de Villeneuve-Saint-Germain et de Soissons. Ce dernier leur a d'ailleurs conseillé « de ne pas tomber dans le jeu d'une action qui dure ». Pour que le rapport de force ne s'inverse pas en défaveur des salariés.
Ludivine BLEUZÉ









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