Publié le vendredi 30 janvier 2009
La manifestation a duré une heure.
Aurélie Marcotte
Saint-Quentin / 2.000 manifestants : une belle réussite selon les syndicats
Dès le matin, à Saint-Quentin, la mobilisation a commencé dans le hall du centre hospitalier. Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées pour remettre une pétition au directeur du centre. Six cents signatures ont été recueillies afin de demander, notamment, un retour à des effectifs normaux. Mais le plus gros mouvement était attendu en centre-ville dès 15 heures, hier après-midi.
Les organisations syndicales n'ont pas été déçues. Toutes parlent d'une belle réussite. Plus de deux mille personnes ont manifesté hier après-midi dans les rues de Saint-Quentin, des salariés, retraités et demandeurs d'emploi du Saint-Quentinois, renforcés par leurs collègues de Chauny et Tergnier.
De la musique, des banderoles en faveur de la défense du service public mais aussi une forte mobilisation du privé… Tout y était. Le cortège n'est pas passé inaperçu. Retraite, chômage technique, travail du dimanche… Les sujets d'inquiétude concernant l'emploi et l'avenir des entreprises ne manquent pas. Ainsi, le secteur social, les éducateurs en tête, a profité de ce regroupement pluraliste pour alerter l'opinion sur les coups portés aux droits sociaux acquis et le démantèlement de la convention collective de 1966.
Parti de la place du 8-Octobre, le cortège a emprunté la rue d'Isle pour gagner la place de l'Hôtel-de-Ville avant de stopper devant les grilles de la sous-préfecture. Là, lecture a été faite par Guy Fontaine, secrétaire général de la CGT, de la motion commune avant la dislocation de la manifestation vers 16 heures. Quelques manifestants ont décidé de maintenir à l'arrêt un bus du réseau Pastel en haut de la rue d'Isle tandis qu'un groupe de jeunes lycéens bloquait une voiture particulière.
À l'appel du syndicat Sud 02, une assemblée générale ouverte à tous était organisée dans les locaux au 2 de la rue Sainte-Catherine. Les organisateurs de ce rendez-vous veulent fédérer pour éviter que cette manifestation, aussi réussie soit-elle ne reste pas sans lendemain. L'objectif du collectif pour la défense de l'éducation et des services publics 02 mis en place à l'issue des dernières manifestations de l'Éducation nationale veut « mettre la pression » sur les organisations syndicales majoritaires pour qu'ils se montrent « plus actifs » à combattre les réformes du gouvernement Sarkozy.
Graziella Basile et Aurélie Marcotte
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Laon / 1.500 manifestants : des employés d'association pour enfants inadaptés
Les syndicats tablaient sur mille personnes pour ce jeudi de mobilisation collective et interprofessionnelle. Finalement, le rassemblement a dépassé leurs espérances.
Ils étaient environ 1500 dans le cortège sillonnant la ville haute selon les organisateurs, et la police. On y retrouvait les traditionnelles confédérations et administrations, mais pas seulement. Il y avait aussi, par exemple, des salariés de l'association des parents d'enfants inadaptés craignant pour leur convention collective.
Beaucoup de manifestants avouaient ne pas avoir fait grève depuis longtemps.
Dans le collimateur, le président de la République qui vient de souffler ses 54 bougies. Les manifestants lui ont souhaité un anniversaire à leur manière. Dans les rangs, on expliquait qu'ont n'était pas responsable de la crise et que celle-ci avait bon dos. « On trouve des milliards d'euros pour les banquiers et les spéculateurs, ce sont les salariés et retraités qui trinquent. Pour relancer l'économie, il faut d'abord sauvegarder l'emploi et augmenter les salaires », arguait-on, avant de se disperser du côté de la préfecture, dans le calme.
Y.L.B.
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Soissons / 2.000 manifestants : refuser de payer pour les responsables
Si Soissons a souvent par le passé vu d'importants cortèges battre le pavé, notamment pour défendre l'emploi qui était, sur le bassin, particulièrement touché. Cela fait plusieurs années qu'une manifestation unitaire n'y avait pas rassemblé autant de monde. Organisée par une intersyndicale regroupant les organisations CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU et UNSA, la manifestation a rassemblé plus de deux mille personnes, salariées et retraitées, du secteur public comme du privé, auxquels s'étaient joints des lycéens et de nombreux élus de gauche. Si l'on a parfois entendu, au fil du défilé, fuser des « Sarko démission ! », il s'agissait, pour les manifestants de dire, haut et fort, qu'ils « rejettent la fatalité » et « refusent de payer au prix les conséquences d'une crise dont ils ne sont pas responsables ». La mobilisation a notamment été forte au sein de l'Éducation nationale où les syndicats dénonçaient tout à la fois les suppressions de postes, notamment pour les réseaux d'aide ou les SEGPA, et la « logique comptable qui prévaut alors qu'il s'agit de gosses ».
S'ils ne défilaient pas, les magistrats et fonctionnaires du tribunal de grande avaient eux aussi, par la voix de leurs syndicats (seul l'USM est représentée à Soissons) choisi d'exprimer leur volonté de « défendre le fonctionnement d'une Justice indépendante, sereine et de qualité ». Les syndicats attendent, en la matière, des « annonces fermes, précises et concrètes sur les moyens alloués à la Justice pour fonctionner et des garanties sur l'absence d'intrusion du pouvoir politique dans l'action au quotidien des magistrats ». Plus généralement, les manifestants s'inquiétaient hier d'une « précarité grandissante » et réclamaient une « augmentation des rémunérations qui assure le maintien du pouvoir d'achat et réduise les inégalités ». Une motion dans ce sens a été remise au sous-préfet de Soissons par l'intersyndicale qui jugeait qu'« il est fondamental d'aller vers une répartition équitable des richesses créées par les salariés ».
Ph.R.
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Château-Thierry / 1.500 manifestants : nombre de salariés du public comme du privé
« Licenciements ! Non ! Suppressions de postes ! Non ! », ou encore « Public-privé, grève générale ». Rue Carnot hier, ils étaient nombreux à scander ces slogans. Mille cinq cents selon les manifestants. Mille deux cents selon les forces de l'ordre. De divers horizons aussi. Publics et privés confondus.
Dans les rangs, des représentants syndicaux (CFDT, CGT, FO, FSU, UNSA, FAFPT), des enseignants actifs et retraités, des hospitaliers, des élus (le maire Jacques Krabal, les conseillères régionales, Michèle Fuselier et Marie-Jeanne Potin, des conseillers municipaux castels), des agents des impôts, des salariés de FM Logistic, de Wagon Automotive… Tous unis pour « la défense de l'emploi, la réduction des inégalités, l'amélioration du pouvoir d'achat, la relance économique, et la préservation des garanties collectives ». Et les manifestants d'expliquer : « Le gouvernement a lancé un plan de relance. Mais celui-ci est insuffisant. Il manque un volet : celui du quotidien des Français. L'État ne prévoit rien pour les victimes de la crise mais tout pour les responsables de cette crise ! ».
Tout un programme que les représentants syndicaux ont à tour de rôle relayé sur les marches de la mairie castelle sur les coups de 18 h 30, au terme d'un long défilé dans les rues de la cité.
Comme le veut la tradition, la manifestation castelle - c'est toujours la dernière du Département - a débuté à 17 h 30 du rond-point Paul-Doumer. Puis le cortège a emprunté la rue Carnot, l'avenue Jules-Lefèvre, l'avenue de Soissons, pour bifurquer rue piétonne et rejoindre la place de la mairie.
Pas de halte en sous-préfecture comme le font d'ordinaire les manifestants car « Y'a plus personne là-bas ! » lance un gréviste CGT (ndlr : c'est le sous-préfet de Soissons qui assure l'intérim). À l'issue, Farid Sahnoune, salarié de Wagon Automotive à Essômes-sur-Marne et représentant syndical a évoqué la situation de la société placée en redressement judiciaire. Il a également convié tous ceux qui le souhaitent à se retrouver ce vendredi matin à 9 h 30 en sous-préfecture castelle où une table ronde est organisée pour se pencher sur le sort des « Wagons ».
F.P.
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Hirson / 400 manifestants : Beaucoup de travailleurs de l'industrie
Quatre cents personnes ont manifesté ce jeudi dans les rues d'Hirson. À partir de 14 heures, c'est à la salle Fernand-Antoine qu'était fixé le point de ralliement. Là, le secrétaire général de l'union locale CGT, Didier Devaux, a très fortement critiqué le gouvernement et Nicolas Sarkozy.
Pour illustrer le malaise actuel, Didier Devaux a évoqué concrètement le cas de trois salariés, victimes de la crise : Dominique Hély, « un ancien de chez Euratherm, avec 564 euros », Freddy Heuvenaers (SBCA à Saint-Michel), « 1.090 euros net en tant que menuisier qualifié », et Patrick Beaudemont, « 1.000 euros avec sept gamins ».
Et le leader syndical de lancer : « Ce 29 janvier est un début de mobilisation, car tout le monde est inquiet ».
Au nom de « l'unité syndicale », Dino Bizarro, pour la CFTC, a alors pris la parole. Quelques dizaines de membres de la CFTC étaient en effet présents dans le cortège, pour l'essentiel salariés de la fondation Savart (accueil de l'enfance inadaptée et handicapée), qui dispose de plusieurs établissements en Thiérache et dans le Nord de l'Aisne. Ces derniers manifestaient également contre la remise en cause d'une convention collective qui vise « à détruire les congés trimestriels, les congés d'ancienneté, les majorations salariales à l'ancienneté, etc. »
Outre la fonction publique, plusieurs entreprises privées étaient représentées dans le défilé : SBCA, Eberspächer, Valéo, Tecnitol, Générale des eaux. Les manifestants ont alors rejoint le centre-ville d'Hirson, avant de terminer dans la zone commerciale de la route de Charleville-Mézières.
À noter aussi que les manifestants ont reçu le soutien de Jean-Jacques Thomas, maire d'Hirson.
M.M.









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