Publié le samedi 21 novembre 2009 à 01H00 - Vu 51 fois
« IL faut qu'on m'explique comment on fait. Je demande à travailler sans rien réclamer à la société. On ne veut pas me donner de boulot. Je ne sais plus quoi faire. » Elle a le sourire et de l'énergie dans la voix, mais Mme S. est à la fois découragée et très en colère. Alors elle a décidé de pousser un coup de gueule par voie de presse pour dénoncer un système qui laisse sans espoir les vrais « demandeurs d'emploi ».
Mme S. a dépassé la quarantaine. Après un bac littéraire, une formation en secrétariat, des études de psycho dans l'une des meilleures universités françaises et un complément d'études sur l'Égypte, cette secrétaire de direction parfaitement trilingue a d'abord travaillé dans l'industrie avant de rejoindre son mari dans un cabinet médical avec lequel elle a collaboré pendant une quinzaine d'années. Jusqu'au divorce.
Arrivée à Reims il y a quatre ans, la dame a réussi à trouver plusieurs CDD. Mais la source d'emploi s'est brutalement tarie.
« Le problème maintenant c'est que je n'ai pas encore 50 ans et que je n'ai plus 26 ans. Je n'entre donc plus dans les critères de recrutement de Pôle emploi », observe Mme S.
Ce qui ne signifie pas qu'elle n'a pas de proposition. Oui, mais : « la dernière en date, vient d'un commerçant qui me proposait un poste de vendeuse payé de 4 à 600 € par mois, avec obligation de travailler à Reims ou à Châlons, mais sans frais de déplacement ». Intenable.
Et colère : « avant, quand on allait à l'ANPE, on avait un interlocuteur « référent ». Aujourd'hui, on est un simple numéro. On doit trouver son job soi-même, il n'y a aucun suivi, pas d'humanité.
« Il y a trois mois, la jeune conseillère m'a fait pleurer : j'ai bien une place, mais il faut quelqu'un de qualifié. Elle n'a jamais voulu me donner le nom de l'employeur. » Pourtant Mme S. a un CV qui tient parfaitement la route dans ce domaine, en matière de compétence, même si elle n'a pas « le » diplôme qu'il faut.
« Les politiques qui disent qu'il faut travailler plus pour gagner plus, c'est n'importe quoi ! » s'énerve-t-elle. Justement, elle a écrit à l'auteur de la formule, Nicolas Sarkozy, dont un conseiller a renvoyé le courrier au préfet de la Marne, qui a renvoyé Mme S. à Pôle Emploi et à sa plateforme d'appel « 39 49 ».
Bref, on tourne en rond. « Les patrons veulent tous des contrats aidés. Ce n'est pas normal. J'ai vu une assistante sociale qui m'a dit : si vous étiez au RSA, vous auriez droit à tout. Quand vous n'avez plus rien, vous avez droit à tout. Quand vous voulez travailler, vous n'avez droit à rien. Je comprends que les gens n'en aient plus rien à f… »
J.-F. SCHERPEREEL
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