Publié le mercredi 30 décembre 2009 à 01H00 - Vu 44 fois
Outre l'hôtellerie (10 chambres) et la restauration (de 80 à 120 couverts en fonction des saisons), Delphine Dejente est aussi traiteur.
Pascal Remy
ELLE n'a que 33 ans mais une sacrée volonté. Ce qui l'a amené, en avril 2008, à opérer un retour au « pays » à travers la restauration.
Sortie du lycée Monge en 1994 sans avoir obtenu son bac, Delphine Dejente rejoint alors une école de tourisme. « À l'époque, j'effectuais un stage pratique à l'hôtellerie « Aux Armes de Champagne » à L'Epine quand le patron m'a proposé un emploi à la réception. J'y ai appris le B.A.-ba. »
Deux ans plus tard, elle entame une longue série d'expériences sur le terrain. « Dans ce métier, il faut beaucoup bouger et égrener des connaissances partout pour évoluer et monter les échelons ».
Les emplois se succèdent. Au Logis de France « A l'Auberge Champenoise » à Moussy « où je me suis spécialisée dans les bons crus et les millésimes. En apprenant à les différencier ». Au Château d'Etoges « en contact avec la clientèle haut de gamme », puis à l'Hôtel Paris-France « en m'épanouissant dans le domaine commercial pour dénicher des partenariats à l'étranger ».
Durant ce cursus, Delphine qui est trilingue passe par tous les stades : accueil-réception des clients, gestion des groupes, secrétariat, assistance de direction…
Elle enrichit son bagage tout en emmagasinant les conseils de son futur mari, ex-sommelier devenu agent SNCF. « Il m'a alors beaucoup épaulée. » Ce long périple se termine au château fort de Sedan. « J'y ai travaillé un mois avec l'impression de régresser dans mon boulot. Ça aura eu le mérite de provoquer un déclic. » Delphine veut voler de ses propres ailes et s'offrir un nouveau destin.
Dix salariés sous sa coupe
« Voulant créer ma propre société, j'ai cherché une bâtisse ardennaise à transformer en hôtel. Mais les banques étaient frileuses. Il a fallu se résoudre, en décembre 2007, à faire avec de l'existant. » Après avoir hésité sur une opportunité à « L'Hôtel de la Paix » à Monthermé, l'Ardennaise découvre un peu par hasard sur Internet que l'hôtel « Le Saint-Hubert » à Haybes est à vendre. « Un véritable coup de cœur » pour cette native de Fumay.
Négociations avec le propriétaire ; accord rapide entre les deux parties.
« On s'est vite propulsé dans ce projet. J'ai tout de suite imaginé beaucoup de possibilités car cet établissement aux dix chambres spacieuses est situé aux abords de la frontière, dans un écrin de verdure et à proximité de la Meuse. En trois mois, l'affaire était réglée. » Le 22 avril 2008, Delphine entame une nouvelle existence en gardant les trois employés déjà en place.
Un effectif passé depuis à dix avec le recrutement de cuisinier, chef de rang, femmes de chambres et serveuses.
Pour lancer son activité, Delphine a compté sur différents soutiens. « Compétences et impulsions », « La Boutique de gestion » et le Cise pour l'étude de faisabilité et le ficelage du business plan. Et aussi la Région (prêt de 20.000 euros à taux zéro), le Département (subvention de 10.000 euros) et Ardennes Initiatives (prêt de 22.500 euros). « C'est sur ce socle et un investissement personnel de 20.000 euros que je suis parvenue à relancer l'affaire et à relever le défi ».
Delphine est enthousiaste : « Ici, il n'y a pas de basse saison, on travaille toute l'année avec un seul petit creux, en février. On a beaucoup de courts séjours, la voie verte a été un bonus et nous accueillons à la fois des randonneurs, des amoureux de la nature, des plaisanciers et des chasseurs ». On l'a compris, ses espérances sont comblées…
Pascal REMY
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