Publié le samedi 21 mars 2009 à 01H00 - Vu 15 fois
«LES riverains protestent ? Je suis à 100 % d'accord avec eux ! Je me bats tous les jours pour partir d'ici ». James Parant est parfaitement conscient de la gêne qu'engendre son activité pour les habitants de la Neuvillette. Mais pour le moment, il n'y peut pas grand-chose : l'emplacement occupé par son entreprise ne convient plus, ni en terme de surface, ni en terme de situation géographique. Malheureusement pour les uns et les autres, M. Parant ne parvient pas à trouver un nouveau terrain dans l'agglomération.
Il y a 5 ans, avec 300 € en poche, James Prant a relancé l'entreprise fondée par son grand-père. A l'origine, il s'agissait d'apporter un savoir-faire dans l'entretien des vignes. Cette activité originelle est toujours d'actualité, mais elle a été complétée par le recyclage des déblais - même ceux du chantier du tramway sont transformés ici ; les particuliers sont également les bienvenus - pour ravitailler en matériaux plus de 450 entreprises - du simple artisan au grand groupe national. L'entreprise de recyclage occupe un terrain de trois hectares, le long du canal, à l'extrémité nord de Reims. Dans les années 1970, elle ne gênait personne. Mais l'urbanisation croissante de l'agglomération l'a rapprochée des premières habitations rémoises. Des maraîchers ont également planté leurs serres juste à côté.
Désormais, le problème des riverains, ce sont les camions. Moins le trafic que la terre qu'ils véhiculent sur les chaussées, voire même projettent sur les voitures.
Pourtant, James Parant a tout prévu : une pulvérisation d'eau, l'été, pour plaquer la poussière. Un lave-pneus (actuellement en travaux). Mais le type même de l'activité entraîne forcément des « nuisances » routières.
Le trafic est relativement dense : il peut aller de dix camions-bennes par jour à plus de dix par heure !
Pas de terrain
Cette noria emprunte une petite route à peine carrossée. « J'ai proposé à la Ville de l'améliorer. On ne m'en donne pas l'autorisation parce qu'elle ne m'appartient pas », déplore M. Parant.
Mais le fond du problème, c'est que l'entrepreneur cherche désespérément à se relocaliser dans l'agglomération. A la fois pour réduire son impact urbain, et pour pouvoir développer son activité. En 5 ans, il a créé 25 emplois et paie 87.000 € de taxe professionnelle.
Il lui faudrait donc une dizaine d'hectares. Mais ni la Ville, ni l'Agglo, ni la CCI ne veut lui céder le moindre m2 public. Soit comme la CCI par manque de terrain disponible.
Soit pour d'autres raisons que M. Parant ignore. Lui a visité « plus de 30 terrains ».
Il se serait bien vu sur l'autre rive du canal, dans le champ juste en face, hors de portée des habitations. Ou encore aux Eaux-Vannes, un endroit déjà industrialisé dans le recyclage des déchets, où il créerait une « plateforme de recyclage paysagère ».
Plus loin, explique M. Parant, ce serait trop loin pour ce type d'activité, même s'il monte une succursale à Fismes.
Reste, selon le responsable du dossier à la CCI, une éventuelle « opportunité » privée.
J.-F. Scherpereel
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