Publié le mardi 09 février 2010
Depuis 1927, le café de village se transmet de mère en fille et de mère en fils. L'établissement propose aujourd'hui un tas de services en plus du débit de boissons.
MICHELINE LEMERCIER se souvient du temps où Vic-sur-Aisne comptait 17 bistrots. « Je les connaissais tous. Il en reste quatre ou cinq aujourd'hui », soupire-t-elle.
Son café, non loin de là, à Berny-Rivière, est toujours ouvert. Dans les villages alentour, Nouvron-Vingré, Tartier, Montigny-Lengrain ou encore Saint-Christophe-à-Berry, ils ont presque tous disparu.
Chez Micheline est une affaire presque centenaire, lancée en 1927. La Renaissance était tenue par Léa Guire, la mère de Micheline. En 1971, cette dernière reprend le flambeau, elle fait agrandir le bar, ouvre un coin épicerie/mercerie. « Je vendais des bleus de travail, des jouets pour Noël, de la vaisselle, des graines pour le jardin », se souvient-elle. Tout ça, c'est terminé. Le rayon épicerie s'est réduit à mesure que la grande distribution s'est développée. Ce qui a sauvé Chez Micheline, c'est l'ouverture dans les années 1970 d'un camping. Confidentiel au départ, celui-ci est devenu une plaque tournante du tourisme rural à l'anglo-saxonne, avec des bus entiers d'Ecossais et de Hollandais venant goûter aux joies des balades pittoresques à travers notre beau pays.
« D'ailleurs, nous n'avons presque rien changé dans le café. Les touristes adorent car c'est typiquement français. Ils prennent même des photos », sourit Micheline Lemercier.
« On s'adapte »
La patronne a juste troqué sa vieille enseigne contre une autre, plus moderne. Parce qu'il faut bien vivre avec son temps. Son fils, Didier Lemercier, a repris l'affaire familiale en 2006. Bien que retraitée, Micheline est omniprésente, donnant un coup de main à son fiston, en saison, lorsque le restaurant est plein. Les Lemercier se sont mis à la restauration. Ils vendent aussi des cigarettes désormais, de l'essence pour moto, du gaz, quelques articles de pêche et, depuis quinze jours, des billets de loto. On appelle ça la multi-activité. « On s'adapte aux besoins des gens. S'il n'y avait pas eu le camping, on serait déjà fermé. Les gens ne vont plus au café. De nos jours, ils restent chez eux », constate-t-elle.
I.B.











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