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Il prendra ses fonctions le 1er janvier Un militant anti-avortement patron de la santé mentale

Publié le mardi 01 décembre 2009 à 01H00 - Vu 214 fois


Xavier Dousseau avait été condamné pour s'être volontairement enchaîné à une table d'opération à l'hôpital de Valenciennes où se pratiquaient des interruptions volontaires de grossesse.

Xavier Dousseau avait été condamné pour s'être volontairement enchaîné à une table d'opération à l'hôpital de Valenciennes où se pratiquaient des interruptions volontaires de grossesse.

JP FILATRIAU


«UN fou de Dieu » en charge de l'hôpital psychiatrique de Châlons-en-Champagne et de la clinique médico-psychologique Henri-Ey de Reims ? Le ministère de la Santé vient de nommer, cette semaine, Xavier Dousseau, 54 ans, directeur de l'Établissement public de santé mentale de la Marne (EPSMM) pour succéder à Claude Haudier.

La nomination, qui doit être effective le 1er janvier prochain, aurait pu passer inaperçue sauf que des salariés marnais s'émeuvent du passé de leur futur patron.

En octobre 1995, Xavier Dousseau, alors directeur adjoint de l'hôpital de Valenciennes, avait pris la tête d'un commando anti-avortement, avant de s'enchaîner à une table d'opération dans la salle d'intervention du centre d'IVG de son propre hôpital ! Dix personnes s'étaient attachées les unes aux autres avec des antivols de moto dans « l'avortoir de l'Hôtel-Dieu ». Il avait fallu faire appel aux pompiers et aux policiers pour déloger les manifestants. Un Marnais, Emmanuel Cousin, fils d'un notaire de Suippes, et beau-frère de Xavier Dousseau, faisait partie des personnes interpellées et placées en garde à vue.

Objection de conscience

Pour expliquer son geste, Xavier Dousseau, membre de la communauté chrétienne « Pain de Vie », avait réclamé le « même droit à l'objection de conscience que pour les médecins ». Également militant de « Mère de miséricorde », une association qui gère des centres d'accueil pour les mères en difficulté, le cadre hospitalier récuse la loi Veil et le planning familial au nom de ses convictions religieuses.

La justice, elle, n'en a eu cure. Le tribunal correctionnel lui avait infligé la plus lourde des peines : 18 mois de prison dont 9 avec sursis et 3 000 € d'amende. Quatre autres prévenus avaient écopé de prison ferme. Le délibéré dépassait même les réquisitions d'Éric de Montgolfier, le procureur de la République de l'époque.

En appel, la sanction sera ramenée à 18 mois avec sursis pour Xavier Dousseau, reconnu coupable d'entrave au fonctionnement d'un service assurant des interruptions volontaires de grossesse, un délit créé par une loi de 1993. Outre la sanction pénale, Xavier Dousseau avait été suspendu de ses fonctions pendant deux ans.

« Excellent gestionnaire »

Dans sa grande miséricorde, le ministère de la Santé l'a réintégré à l'issue de ces années de purgatoire. À la fin de sa pénitence, après être parti deux ans en mission en Afrique prêcher la bonne parole, il a pris la tête d'une maison de retraite. Il est ensuite devenu directeur adjoint de l'hôpital psychiatrique de Saint-Dizier (550 salariés) avant d'être nommé, à partir du 1er janvier prochain, responsable de la prise en charge des malades mentaux dans la Marne (900 salariés).

A priori, le fonctionnaire s'est racheté une virginité et s'est même montré excellent gestionnaire. « Partout où il est passé, il a redressé les comptes », affirme un syndicaliste haut-marnais. Pendant les dix ans passés à Saint-Dizier, l'homme s'est forgé une réputation, non pas de prosélyte, mais d'homme plutôt ouvert, facile d'accès et gros travailleur. « Nous n'avons vraiment rien à lui reprocher », souligne une déléguée CFDT. Autant d'avis favorables qui, pourtant, ne rassurent pas certains de ses futurs subordonnés marnais.



Christophe PERRIN

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Les dernières contributions


remitaz

09/12/2009 à 12h52

Je remercie Xavier Dousseau d'avoir soutenu notre équipe depuis sa création en 2004, d'avoir été à notre écoute, d'avoir été humain. Je suis très heureux pour lui qu'il soit nommé à la tête de cet établissement et quoi qu'en disent certaines mauvaises langues, c'était et ca restera je l'espère, quelqu'un de bien.
Au revoir Monsieur ...

Jean-Pierre Staebler

07/12/2009 à 21h41

J'ai dirigé pendant douze ans le centre hospitalier de la Haute-Marne à Saint-Dizier avant de prendre, en 2008, d'autres fonctions. Xavier Dousseau a été pendant dix ans mon principal adjoint à la tête d'un ensemble hospitalier qui emploie près de 900 personnes (et non pas 550 comme le dit votre article). Il a eu pendant toutes ces années mon entière confiance et s'est montré un collaborateur précieux, rigoureux et humain. Reconnu comme un interlocuteur crédible par l'ensemble du personnel hospitalier, par les médecins et toutes les organisations syndicales, Xavier Dousseau avait également la confiance des pouvoirs publics qui lui ont confié, en sus de ses tâches habituelles, des missions délicates, telles que la gestion simultanée de deux hôpitaux haut-marnais ou plus tard le redressement financier d'un centre hospitalier du sud de la Marne. Ses grandes compétences professionnelles, les valeurs qui l'animent seront, je n'en doute point, unanimement regrettées en Haute-Marne. Il n'est certainement pas le "fou de Dieu".

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french_redneck

06/12/2009 à 14h14

Ben dite donc, quel mentalité étroite. Trente cinq ans après le vote de la loi Veil. L'avortement n'est sans doute pas un acte anodin, ni pour la patiente, ni pour le médecin. Mais venir parler de bébé pour un fétus de 12 semaines.....

bmplagiat

06/12/2009 à 11h55

A ce que je sache un avortement est un acte médical. Sauf à être médecin, avoir subi ou accompagner son amie, je ne vois pas comment suivre la recommandation de SEB77 "d'aller voir ce qu'est un avortement et changer d'avis !" SEB 77 me semble bien mal placé pour donner des leçons surtout en faveur du prosélytisme anti-avortement !

Totom51

05/12/2009 à 13h38

@Seb77 et Journé Nicolas, je suis tout à fait d'accord avec vous !
C'est quand même incroyable cette polémique, si cet homme est contre l'IVG c'est son droit, on est en démocratie à ce que je sache.
Quant à 220 000 bébés par an, je trouve ce chiffre horrible alors que des parents ne peuvent avoir des enfants et que certains sont prêts à adopter. 220 000 avortements par an, n'est-ce pas abusif ?
Comble de l'ironie, nos assassins et nos violeurs sont mieux défendus que nos bébés, quelle société de fous dans laquelle nous vivons !

SEB77

03/12/2009 à 13h00

Allez donc voir ce qu'est un avortement et vous changerez d'avis !

Je ne comprends pas comment les médecins qui le pratique peuvent rentrer chez eux le soir et se regarder dans le miroir et embrasser leurs enfants.

L'avortement est un acte monstrueux et il n'aurait JAMAIS du être légalisé.

220 000 bébés déchiquetés par en France. Allez donc voir, vous les ivgistes, les "restes" d'un avortement.
Il suffirait de montrer le soir à la télé la réalité de l'avortement pour faire basculer l'opinion publique.

Journé Nicolas

02/12/2009 à 18h37

A tout prendre je préfère avoir pour chef de service quelqu'un qui prend soin de la Vie que l'inverse. En fait pour vous un médecin avorteur est plus digne de confiance surtout s'il est de gauche. Vous manquez de capacité de réflexion cher Monsieur!

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