Publié le lundi 20 octobre 2008
Fawaz Karimet, président du conseil d'aministration, entend exprimer son mécontement aujourd'hui.
Karen KUBENA/l'Union Reims
IL y a cinq ans, on payait des gens à distribuer de l'eau dans les maisons de retraite.
Le mercure a baissé depuis et les moyens humains ont été gelés.
Pire, aujourd'hui, l'heure est aux économies. De quoi en refroidir plus d'un.
A commencer par le syndicat Sud de la maison de retraite départementale. Il a informé vendredi (l'union de samedi) que la direction départementale des affaires sanitaires et sociales préconisait, dans le cadre de la future convention sur cinq ans, une baisse de la dotation pour les soins aux résidants d'environ 500.000 euros.
Selon le syndicat, cela représente une dizaine de postes, infirmiers ou aides-soignants.
Une nouvelle qui a poussé le syndicat à lancer un appel au rassemblement demain mardi, alors qu'un rendez-vous est pris avec la Ddass.
Le syndicat n'est pas le seul cependant à exprimer son mécontentement.
Fawaz Karimet, président du conseil d'administration, a bien l'intention ce lundi, en session de conseil général, d'exprimer sa désapprobation. Il le fera aussi lors du conseil d'administration de l'établissement, prévu ce jour également. « La directrice de la Ddass était invitée, mais elle ne sera pas là néanmoins. Elle s'est excusée. C'est dommage, nous aurions bien aimé pouvoir nous expliquer. »
« Le prix des médicaments flambe »
En fait, la Ddass s'est appuyée sur un savant calcul, la coupe pathos faisant désormais partie du cadre légal.
« Cette coupe était obligatoire pour la convention signée pour cinq ans. C'est la première fois que l'établissement y est soumis », explique Stéphane Stilinovic, directeur.
Le principe, c'est de prendre le dossier de chaque patient et d'en sortir un nombre de points qui aboutit à la dotation.
Résultat, quelque 1,4 M€ au lieu des 1,9 M€ utilisés actuellement.
Un système pour le moins inhumain pour certains qui ne tient pas compte de la réalité.
« Que les services viennent tourner avec nous pour voir dans quelles conditions travaille le personnel ! », s'exclame l'élu.
Il se demande comment on va pouvoir garder les employés. « Avec des dotations à ce stade, on n'arrive plus à travailler. Nous ne pouvons faire face. »
Le président affirme que le nombre d'aides-soignants est déjà de deux pour quarante pensionnaires. « Il faut savoir que les personnes âgées attendent de plus le dernier moment pour aller en maison de retraite, avec des pathologies comme Alzheimer. Elles demandent énormément d'attention. »
Fawaz Karimet ajoute encore que le prix des médicaments ne cesse d'augmenter, « au moins 6 à 7 % tous les six mois. Cela aurait tendance à augmenter l'enveloppe plutôt qu'à la diminuer. » De son côté, le directeur estime lui aussi que le calcul est discutable.
« A Crépy, par exemple, avec un seul bâtiment, il n'y a qu'une seule personne la nuit, mais ici avec les différents bâtiments, il me faut une personne par bâtiment. De même, il existe un bâtiment diversifié qui n'est pas considéré dans le calcul mais avec des pathologies quasi psychiatriques qui demandent une grosse prise en charge. J'espère qu'on va pouvoir mettre en avant tous ces arguments. »
Yann Le Blévec











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