Publié le mardi 01 décembre 2009 à 01H00 - Vu 12 fois
En 1892, on dénombre vingt sociétés, soixante-dix en 1903 et plus de cent en 1913. Elles sont suffisamment nombreuses et puissantes pour se regrouper en 1898 dans une Union des coopératives ardennaises qui possède son magasin de gros établi à Château-Regnault et son journal mensuel, Le Consommateur. En 1905, une quarantaine de sociétés donnent leur adhésion à la Bourse des coopératives socialistes. C'est dans ce contexte que La Ménagère de Monthermé a vu le jour en 1890.
Les coopératives de consommation deviennent une arme politique, un instrument de lutte et d'émancipation, une école de propagande et d'éducation. On y distribue gratuitement des denrées alimentaires ou du charbon lors des grèves, on y apporte un soutien financier pour l'édification de la Verrerie ouvrière d'Albi, on y apprend la gestion dans la perspective de la future société socialiste. Après sa transformation en magasin libre-service le 15 juillet 1969, puis son absorption par l'Union des coopérateurs de Lorraine le 24 avril 1972, la société coopérative La Ménagère ferme définitivement ses portes à la fin de l'exercice 1987.
Le 17 septembre 1910, le conseil d'administration de La Ménagère accepte la création d'une Bourse du travail qui serait construite avec le concours des organisations ouvrières, syndicales et coopératives. L'assemblée générale donne son approbation le 26 février 1911. Elle adopte le projet d'aménagement.
Les coopératives sont une arme politique
Lors de l'assemblée générale du 29 août 1898 de la société coopérative de consommation La Ménagère, l'idée de créer une boulangerie coopérative est discutée, puis adoptée : en sous-sol, une grande salle de réunion pouvant recevoir environ mille personnes et une salle des pas perdus avec buvette ; au rez-de-chaussée, deux bureaux pour le syndicat des métaux et celui des carriers, une salle de lecture et une bibliothèque ; au premier étage, une salle de réunion de vingt mètres carrés environ et un logement de deux pièces pour le concierge, complété par une chambre mansardée.
Elle approuve aussi son mode d'acquisition et son financement. Enfin, La Ménagère devient le seul propriétaire de la « Maison du peuple », à condition que la propriété soit socialisée, c'est-à-dire inaliénable. Elle est inaugurée le 9 juin 1912.
Après de longues années de sommeil, la Maison du peuple est reprise par l'Union des coopérateurs de Lorraine, puis par l'association Les Amis de la Maison du peuple. En 1999, l'association vend à son tour, pour le franc symbolique, le bâtiment à la municipalité de Monthermé, avec la condition que la Maison du peuple conserve sa vocation initiale. L'immeuble est alors rénové. Son inauguration, le 20 juin 2001, rassemble plus de 200 personnes.
Conseils de visites
Une promenade dans les rues de Monthermé permet de découvrir le fronton de la façade de La Ménagère avec la devise « Travailleurs unissez-vous » ainsi que la façade de pierres de la société coopérative de boulangerie La Ruche et celle de la Maison du peuple.
L'Atlas du patrimoine industriel de Champagne Ardenne est en vente au CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) 17, Boulevard de la Paix à Reims.
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Les dernières contributions
lentarteur
01/12/2009 à 18h14
La belle époque; plus rien à voir avec ce que l'on appelle aujourd'hui coopératives et mutuelles qui fonctionnent sur des critères capitalistes.