Publié le jeudi 26 février 2009
Amiens restera-t-elle une capitale régionale ?
Ambre Mingaz
Info ou intox, la Picardie, créée sur le plan administratif dans les années soixante, va-t-elle disparaître à l'issue des travaux du comité Balladur chargé de proposer une nouvelle réforme des collectivités territoriales ? L'Aisne sera-t-elle alors rattachée à la Champagne-Ardenne?
En tous les cas, un vent de fronde souffle de plus en plus.
Le conseil général, présidé par Yves Daudigny, a voté un vœu déposé par Jean-Jacques Thomas, premier vice-président, conseiller général d'Hirson et Charles Wattelle, conseiller général de Wassigny : « Parmi les projets de découpage et fusion, son rattachement à l'Ile-de-France transformerait l'Oise en banlieue de la banlieue. La Somme deviendrait le faubourg du Nord-Pas-de-Calais. Le sort du département de l'Aisne demeure quant à lui incertain. C'est dire tout l'intérêt qui lui serait porté ». On évoque toutefois son attirance par la Marne. Et donc son rattachement à la Champagne-Ardenne.
La commune de Coucy-le-Château-Auffrique vient également de voter un vœu pour que la Région continue d'exister et une pétition, « Touche pas à ma Picardie » a déjà rameuté près de 34.0O0 signatures.
Le phénomène est observé avec beaucoup d'intérêt par Olivier Engelaere, directeur de l'Agence pour le picard à Amiens, en raison de ses possibles répercussions sur la langue régionale : « Si la Picardie éclate en trois régions, le Nord, la Champagne-Ardenne et l'Ile-de-France, on va encore un peu plus morceler le domaine linguistique picard. Il s'étend sur la Somme, le nord de l'Aisne et le nord de l'Oise ».
La situation actuelle est déjà compliquée puisque la langue picarde est parlée dans le Nord, la Picardie et le Hainaut belge. Un nouveau découpage risquerait, sans doute, de semer un peu plus la confusion.
Un journaliste se préoccupe de ce sujet depuis plus d'une dizaine d'années. Jacques Piraux, de Chauny (Aisne), annonce ainsi la couleur. «Je ne suis pas partisan de l'éclatement de la Picardie, je suis pour son renforcement ».
Il observe que les régions sont trop petites et se montre donc partisan d'un rattachement avec le Nord-Pas-de-Calais mais l'observateur mesure aussi nos faiblesses : « La Picardie est en danger car elle n'a pas de capitale forte. Ce qui fait son charme, c'est sa diversité ».
Mais, selon lui, dans ce domaine, comme tant d'autres, il faut se méfier des idées toutes faites. Jacques Piraux se souvient ainsi que lorsque le logo de l'Aisne a été lancé dans le département par Paul Girod, alors président du conseil général, une étude avait démontré que l'autocollant était d'abord le plus utilisé dans le secteur de Soissons et de Château-Thierry, des secteurs pourtant souvent considérés comme très proches de la région parisienne ou de Reims. En matière d'attachement à ses racines, il faut sans doute s'attendre à beaucoup de surprises.
Thierry de Lestang Parade










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