Publié le samedi 11 avril 2009 à 01H00 - Vu 132 fois
Hier matin, le sentiment général était à la déception parmi les salariés de Brimont Agraire, au chômage.
Emmanuel Défente
LA société Brimont créée en 1948 a-t-elle vécu ses dernières heures hier ?
Jeudi soir, le tribunal de commerce de Sedan a statué sur le dossier et a prononcé la liquidation judiciaire totale et immédiate. Même s'ils s'y attendaient, les salariés de l'entreprise, qui construit des bennes de tracteur, se sont quand même présentés hier matin, le cœur lourd, sur le site de Rethel.
« Ça a duré 10 minutes, ils nous ont demandés s'il y avait du nouveau, il n'y en avait pas, ils ont prononcé la liquidation », résume Hervé Bar, représentant du personnel, présent jeudi soir au tribunal de commerce.
En redressement depuis 2006
« A priori, on n'a pas le droit de rentrer dans l'entreprise, mais on est juste venu chercher nos effets personnels comme nos affaires de douche par exemple » poursuit-il. Depuis que le plan de redressement est enclenché, en octobre 2006, la situation ne s'est jamais vraiment améliorée.
En novembre dernier, elle s'est même sérieusement dégradée, au point d'en arriver aujourd'hui au licenciement de 27 salariés. « Il y a beaucoup d'anciens, avec une moyenne d'âge qui tourne autour de la cinquantaine » témoigne Hervé Bar, qui est parvenu à mobiliser la majeure partie d'entre eux, hier matin, pour un dernier baroud.
« On s'y attendait, mais on est déçu. Ça a été brutal. Malgré tous les efforts qu'on a pu faire auprès des banques, des collectivités, de l'État, ça n'a pas marché. Pourtant, le carnet de commandes est toujours plein : 1,650 million de commande, environ 75 véhicules. Tous les jours, on a des appels. Les clients ont été très patients » confie Carole Michel, secrétaire de direction, 44 ans, dont la moitié passée chez Brimont.
Avenir incertain
« Ça m'a fait mal au ventre quand j'ai appris la nouvelle. Ça fait un choc au moral. Brimont, c'était notre vie. Ça aurait pu se passer autrement », déplore Jean Jovic, qui n'a connu que Brimont comme employeur depuis qu'il y est entré à l'âge de 17 ans. Père de quatre enfants, aujourd'hui âgé de 49 ans, Jean sait qu'après ce week-end pascal, il ne prendra pas sa voiture pour se rendre au boulot et prendre son poste au montage sur chaîne. « Ça va faire tout drôle de passer devant Brimont sans s'arrêter », poursuit-il. Il sait qu'il va devoir se serrer la ceinture pour continuer à payer les études du dernier. Et ils sont beaucoup comme lui à s'interroger sur leur avenir.
Emmanuel Défente
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