Publié le lundi 01 février 2010 - Vu 57 fois
SI l'un des voyageurs qui ont eu le plaisir d'emprunter l'embranchement ferroviaire Epernay-Reims le 4 juin 1854 pouvait revenir dans la cité rémoise, il serait bien surpris en descendant aujourd'hui du TER. La gare de toile qui l'a accueilli, construite en bois six ans plus tard puis en dur en 1858, a connu un bel essor. Elle accueille même depuis juin 2007 le nec plus ultra de la SNCF : le TGV. Thierry Vivensang, directeur d'exploitation des voyageurs, et Philippe Picard, directeur de cabinet de la direction régionale SNCF, mesurent avec une fierté légitime le chemin parcouru.
Cœur de régions
Au cœur d'une étoile à cinq branches qui relie par TER les villes de Fismes, Laon, Châlons-en-Champagne, Epernay et Charleville, la gare centrale de Reims, aujourd'hui aussi à 45 minutes de la gare de l'Est par TGV, a enregistré en 2007 plus de 3,5 millions de clients en gare dont 2,8 millions de voyageurs grâce aux 156 trains qui y transitent quotidiennement dont 16 TGV. Chaque jour, ce sont donc près de 10.000 personnes qui, sur une amplitude horaire qui s'échelonne de 6 heures à 22 h 30, partent ou reviennent en train. Un tiers de ces passagers ont Paris (AR) pour destination et 700 personnes ont un abonnement TGV annuel. 60 % prennent des TER dont la fréquentation a explosé depuis la mise en service du TGV. « Ça a démarré plein pot grâce à une complémentarité TGV/TER bien pensée en amont avec un système de correspondances efficaces systématique ou presque sur Charleville-Mézières et Sedan et l'utilisation maximale de la cinquième voie qui relie désormais la gare SNCF centre à la gare d'interconnexion TGV de Bezannes, un concept presque unique sur le territoire national. » Pour le responsable SNCF, le renouvellement du matériel régional, l'amélioration de l'offre, les opérations menées auprès des jeunes mais aussi les discours sur l'éco-mobilité à un moment où le prix du carburant augmente ont eu pour effet de fidéliser la clientèle ferroviaire.
Favoriser les échanges
Et ce n'est pas fini. la SNCF compte aussi beaucoup sur la mise en place du tram pour faire des offres globales au public. « La fréquentation de la gare Franchet-d'Espérey devrait augmenter fortement. Si on parvient à mettre en place un pôle d'échanges train/tram/bus départementaux/taxi avec la création d'une gare routière près de l'hôtel Ibis, cela ne peut qu'inciter les gens à prendre le train. De même avec la ville, dans le cadre d'un chantier d'insertion, il est prévu d'installer un garage à vélos sécurisé. » Grâce à l'arrivée du TGV, la gare centrale, dont il est difficile de savoir comment se répartissent les personnels (on parle d'un millier pour Reims sur les 4.500 recensés sur la région), s'est refait une beauté. Elle est même certifiée Afnor.
Relooking
Les trois halls (départs, arrivées et annexe Clairmarais), ainsi que le hall voyageurs, ont été rénovés. Un nouvel espace vente a été créé, les quais réaménagés et des ascenseurs installés. L'ancienne façade a été rénovée, une nouvelle a été créée côté Clairmarais. Le parvis de la gare devrait être aménagé en zone piétonnière au printemps.
Reste que le TGV n'a peut-être pas été la pompe aspirante de populations du bassin parisien comme on aurait pu l'espérer.
« Le TGV n'est pas une baguette magique, répond Philippe Picard, du cabinet du directeur régional de la SNCF. Il ne développe pas de lui-même le territoire, c'est aux collectivités de mettre les ingrédients qu'il faut autour. »
Alain MOYAT
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