Publié le vendredi 20 mars 2009
VVV OSSUAIRE2
Pascal Remy
LE 2 février, le Premier Ministre déclinait à Lyon 1.000 projets dans le cadre du plan de relance, destiné à stimuler l'activité et l'emploi.
Dans le catalogue de décisions prises en faveur des Ardennes figurait « la rénovation du Musée de Bazeilles » (sic). Outre le fait que dans le contexte actuel, cette proposition a fait sourire les élus de gauche (Philippe Vuilque, Claudine Ledoux, Sylvain Dalla-Rosa…) qui attendaient une réponse plus pertinente à la crise, il semble que le gouvernement ait fait une petite « boulette » administrative. D'où l'effet de surprise des personnes directement concernées par la vie du Musée de la dernière Cartouche.
Onze sites concernés
Tel que Jean-Claude Nguyen, délégué régional du comité national des Traditions des Troupes de Marine, « chargé de vendre de la présence au musée ». Rappelant que « le musée de Bazeilles, géré par le comité national des Traditions des Troupes de Marine, a déjà été rénové en 2005 », il apporte donc un démenti formel à cette information. En distillant quelques explications sur cette fausse piste qui a créé une certaine confusion.
« On a, aujourd'hui, la quasi-certitude qu'une somme de 60.000 euros concernera en fait l'ossuaire situé à proximité du Musée. Cet édifice dont l'état de délabrement nécessite une restauration appartient d'ailleurs à l'Etat. Et on sait qu'une action était en cours à l'initiative de la Direction de la mémoire, du Patrimoine et des Archives. Récemment, le Génie est d'ailleurs venu sur place repérer les lieux. On attend d'en savoir plus sur ce dossier pour éclaircir notre lorgnette ».
Mais c'est bien la véritable intention de l'Etat d'exhumer ce vieux projet des cartons. Il a, d'ailleurs, inscrit une dotation budgétaire supplémentaire de 5 millions d'euros pour les lieux de mémoires nationaux, afin d'accélérer le programme de restauration des nécropoles du pays.
« Une vaste opération qui vise la remise à niveau de onze sites d'ici 2014, date des festivités liées au centenaire de la Première Guerre mondiale » confirme un haut fonctionnaire du ministère de la Défense.
En précisant : « Même si l'ampleur des travaux est plus importante que prévue à Bazeilles, on mettra tout en musique avant la fin 2009 ».
Le vaste ossuaire ardennais, site de mémoire emblématique de la guerre de 1870, fait donc bel et bien partie de la programmation des édifices appelée à être relookés.
Comme le Mont Valérien, le carré musulman de Nogent-sur-Marne, une partie du cimetière de la Marine de Rochefort ou la nécropole de Notre-Dame-de-Lorette.
Implanté dans le cimetière de Bazeilles, à 500 mètres du Musée de la Dernière Cartouche, l'ossuaire, surmonté d'un monument en pierre de Bulson, repose sur un soubassement en forme de croix grecques dominée par quatre sarcophages en pierre noire de Givet.
Plus de 3 000 Français et allemands dorment dans cette sépulture depuis plus de 120 ans. Au même endroit, des militaires bavarois ont été enterrés sur deux parcelles rachetées par le gouvernement allemand.
« Même si ce projet incorrectement qualifié a suscité quelques réactions ironiques en raison de la conjoncture, il n'en reste pas moins que ce chantier favorisera les entreprises locales du bâtiment » conclut avec franchise Jean-Claude Nguyen.
Pascal Remy
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La foi dans le tourisme de l'histoire
Jean-Claude Nguyen croit en un tourisme de l'histoire et se félicite des efforts entrepris pour enjoliver les chemins de mémoire. « C'est une autre façon de visiter les Ardennes. Et il existe une clientèle spécifique. L'an passé, notre musée a attiré 3.800 personneset on espère encore faire mieux ». Ce qui constituerait un encouragement pour Laurent Clément, le gardien, et Guy Poncelet, chargé des affaires administratives. Un effectif qui devrait recevoir le renfort d'une nouvelle chargée de communication après le départ à la mi-juin 2008 de Mme De Crecy. Le musée bazeillais dont les locaux appartiennent au Souvenir Français et les collections et l'intérieur au Comité national des traditions, qui gère l'endroit, est répertorié parmi les musées locaux depuis 2002 par le ministère de la Culture et figure désormais dans les guides touristiques.
P.R











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