Publié le lundi 23 novembre 2009 à 01H00 - Vu 3 fois
CETTE année la production de lave-linge chez Ardam-Electrolux aura été de 495.000 appareils. Un seuil qui a déjà nécessité de recourir à du chômage partiel, soit 8 jours sur l'année 2009.
Le syndicat majoritaire CFDT, représenté par Lysian Fagis a réussi à obtenir les volumes prévus par le groupe pour l'année prochaine. Ils seraient de 450.000 appareils. Avec un ajustement de plus ou moins 20.000. C'est en tout cas ce qu'a déclaré le directeur de Revin Régis Chainot, à Lysian Fagis.
A partir de ces données, il est clair que l'usine l'année prochaine devra prendre des dispositions. Les syndicats ne se voilent pas la face. Au contraire, ils essaient tant bien que mal d'anticiper d'éventuelles coupes claires. « En fait face à cette baisse des volumes envisagée et qui fait suite directement à la crise, il y a trois scénarii possibles », explique Lysian Fagis.
Le premier scénario : c'est le chômage partiel. « Si cette solution est choisie, il faudrait recourir à 30 jours de chômage sur l'année 2010. C'est beaucoup trop. Pour nous, c'est simplement une solution d'attente qui ne règle rien », expliquent les syndicalistes.
80 préretraites ?
Le second scénario (catastrophe) : c'est un plan social. « C'est évident que nous ne voulons même pas en entendre parler. C'est hors de question d'essayer même d'y penser », glisse Lysian Fagis.
La troisième voie possible et que les Revinois voudraient faire passer au groupe, c'est un plan de préretraites. « Nous savons que nous sommes à contre-courant de ce que veut le gouvernement aujourd'hui qui met en place des plans seniors. Mais il faudrait peut-être tenir compte des réalités. Nous sommes en crise, et c'est la meilleure manière, en tout cas la moins pire, pour sortir la tête de l'eau ».
En effet, si cette option était retenue par la direction, le plan de préretraites pourrait concerner 80 personnes sur un effectif de 560 salariés.
« L'avantage de cette solution c'est que l'usine gagnerait à nouveau en flexibilité au niveau des volumes », précisent les syndicats. Seulement voilà, comme l'Etat ne finance plus les départs à 55 ans, c'est le groupe Electrolux seul qui devrait prendre en charge le coût de l'opération qui serait, somme toute, assez élevé. Mais le groupe a les moyens de cette politique. N'a-t-il pas fait d'énormes profits en cette année de crise ? Il a engrangé 160 millions d'euros de bénéfices sur le dernier trimestre, soit une hausse de 92 % par rapport à l'an dernier !
Par ailleurs, cette solution réglerait du même coup le plan Olive qui est actuellement en cours et qui bloque toujours. Rappelons que le bureau d'études de Revin devait être démantelé, mais que les syndicats ont demandé un expert-comptable pour étudier les chiffres.
Ce dernier ne les recevant pas, il n'est pas possible au groupe Electrolux de procéder au plan social prévu. Des départs en préretraites pourraient concerner des salariés du bureau d'études, quant aux autres ils pourraient être reclassés sur le site même…
La balle est à présent dans le camp de la direction qui a soumis cette solution au groupe. Il faut maintenant attendre d'y voir plus clair.
Un CE aura lieu mercredi 25 novembre. Avec à l'ordre du jour, entre autres, la situation de l'entreprise.
Virginie KIEFER
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