Publié le samedi 11 avril 2009 à 01H00 - Vu 65 fois
Hier, l'usine était déserte pour cause de chômage partiel.
CG
L'équipementier automobile Trèves a confirmé hier matin, lors du comité de groupe qui se tenait à Paris, la fermeture de deux de ses sites, dont PTPM à Aÿ. Les 133 salariés seront licenciés avant le 1er septembre.
LE conflit a été très dur. On a même assisté à une séquestration d'une journée du directeur du site, M. Charre… Pourtant rien n'y a fait. Ni la mobilisation des salariés et des élus, ni les réunions de travail, ni la table ronde du 27 mars dernier. Hier matin, après des mois de négociations pour sauver le site, le groupe Trèves a confirmé ce que chacun pressentait : la fermeture définitive de l'usine PTPM (centre de laminage) à Aÿ, au 1er septembre, et le licenciement de ses 133 salariés. Une usine fermée hier pour cause de chômage partiel. Il n'y avait pas âme qui vive sur le site… « C'était prémédité ! D'habitude on suit la ligne du groupe. On chôme en même temps que les autres sites. Etrangement ce vendredi, jour du comité de groupe, il n'y avait qu'Aÿ qui chômait. L'usine est déserte. La décision était déjà prise depuis longtemps… Ça y est le couperet est tombé. Même si on s'y attendait, ça fait mal, très mal ». Alain Hamou, secrétaire de la CGT, ne cachait pas son amertume et sa colère, au regard d'une décision « que la direction connaissait déjà. On ne décide pas de la fermeture d'une entreprise du jour au lendemain. La dernière table ronde, avec ses promesses de rapatriement d'activités sur le site, n'avait d'autre but que d'apaiser les esprits jusqu'à la conclusion finale ».
Catastrophique, la décision l'est d'autant plus qu'elle met sur le carreau 133 salariés, sans aucune chance de reclassement, dans un secteur déjà sinistré. « Tout le monde est dépité. C'est catastrophique ce qu'il se passe aujourd'hui ! », ajoute Alain Hamou. Bernard Beaulieu, vice-président de la communauté de communes de la Grande Vallée de la Marne, est d'autant plus en colère que « le groupe Trèves a bénéficié d'une dotation d'Etat de 55 millions d'euros, avec en contrepartie l'engagement de ne pas fermer de site industriel. Aujourd'hui, on l'a mauvaise. Il faut savoir qu'en 1990, le groupe avait déjà reçu l'aide de la Région, du Département et de la Ville d'Aÿ pour la construction d'une usine relais à Aÿ. Maintenant que tout est payé, ils s'en vont ! Aujourd'hui, on ne peut que sauver ce qui peut l'être. Il faut veiller à ce que le groupe paye, pas seulement les indemnités de licenciement, mais aussi le site ».
Après la fermeture de Judez en 2007 et une première vague de licenciements à la PTPM (153 emplois), Aÿ paye le prix fort de ce qu'on peut appeler une délocalisation.
« On a un prix de fabrication trop élevé par rapport aux pays du Maghreb, » constate Alain Hamou. « Il ne faut pas se leurrer, la production d'Aÿ va partir vers le Maroc ou la Lituanie, » ajoute Bernard Beaulieu.
De son côté, Karine Jarry, conseillère régionale, impliquée dès l'origine du dossier, appelle à la mobilisation.
« C'est un mépris pour les salariés, les familles et pour le territoire. Avec la complicité du gouvernement, la direction a fait le choix de la casse, au lieu de développer les savoir-faire, de rechercher des alternatives et de nouveaux débouchés industriels, comme le proposent les salariés et leurs représentants. C'est inacceptable et il n'est pas question de laisser faire. La solidarité doit continuer. Aujourd'hui, la lutte doit s'amplifier pour empêcher ce mauvais coup. »
Mardi, jour de reprise de l'activité, une réunion extraordinaire est prévue avec le directeur du site. La situation risque d'être explosive.
Caroline Garnier
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