Publié le mardi 12 janvier 2010 - Vu 40 fois
Le 23 décembre, les nouveaux adhérents se réunissaient pour la première fois. Tanguy PALLAVER
Tanguy Pallaver
« Je pense que le plus important aujourd'hui est de rester uni pour maintenir l'activité dans le département. » PDG du Master group (spécialisé essentiellement en électricité), Stéphane Masternak a choisi de rejoindre le groupement d'entreprises ardennais Ascott's le 15 décembre. Cinq autres PME ardennaises en sont également devenues actionnaires, portant à 40 le nombre total d'entreprises adhérentes.
De quoi donner un nouveau souffle à ce collectif de PME dont le but est de rassembler des entreprises pour leur faire gagner des marchés qu'elles ne pourraient atteindre seules, dit « complexes ».
Ces six nouvelles adhésions sont d'autant mieux accueillies que les difficultés d'Ascott's ont été nombreuses depuis sa création, fin 2006.
Partir sur de nouvelles bases
En un an à peine, quatre présidents se sont succédé à la tête du groupement. Ce n'est qu'en juillet que Jean-Pierre Legros accepte de prendre la présidence pour une durée de trois ans. Non sans conditions. « Il me fallait une équipe soudée, où chacun soit acteur et s'investisse », explique l'intéressé. « C'est pour cette raison que le comité directeur est composé de dix membres au total. »
Qui plus est, à la tête d'une PME commerciale et non industrielle, Jean-Pierre Legros se dit « neutre » pour présider le collectif. Entre concurrence interne entre adhérents et culture d'entreprise peu habituée au fonctionnement collaboratif, l'image d'Ascott's a pâti d'une mauvaise gouvernance. Désireux de tourner définitivement le dos aux fantômes du passé, le nouveau président adopte un ton de rupture : « les problèmes de gouvernance et les non-dits sont derrière nous. »
Une gestion d'équilibriste
Et concrètement ? Succès ou échec ? Nouveaux contrats ou déclarations d'intention ?
La réponse : un bilan en demi-teinte, ou en devenir, diront les optimistes. Plus finement, les retombées concrètes existent déjà… Mais pour la moitié des actionnaires environ. Elles laissent envisager cependant un potentiel plus important, avec des contrats en cours et des contacts existants (avec Latecis, Thales DSV, Eiffel, Eiffage, Bouygues notamment). Mais la structure reste difficile à maîtriser. Le statut de société par actions simplifiée brouille la lecture habituelle des fonctionnements collaboratifs (lire par ailleurs). À tel point qu'« on a pratiquement mis un an pour expliquer à un assureur ce que nous sommes », explique Jean-Marie Lambert, l'un des fondateurs et anciens présidents de la structure. Faute de responsabilité civile, des marchés ont été perdus.
Avec un budget de fonctionnement autour de 150 000 € par an, l'équilibre budgétaire se tenait tant que les subventions publiques abondaient. De fin 2006 à mi-2009, l'État et l'Europe ont versé en tout 261 222 €, selon Olivier Jacquot, salarié permanent de la structure. Le chiffre d'affaires direct d'Ascott's, lui, s'est monté à 79 000 € en 2007, 247 000 € en 2008, pour dégringoler à 45 000 € en 2009. En décembre, la Dreal notifiait son refus de renouveler ses subventions.
La structure se console avec les liens établis et un chiffre d'affaires indirect généré plus robuste : 159 500 € en 2007, 899 200 € en 2008 et 608 650 € en 2009, selon Didier Simon, trésorier d'Ascott's.
Tanguy Pallaver
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez