Publié le vendredi 29 février 2008 à 01H00 - Vu 105 fois
L’annonce d’un investissement de trois millions d’euros pour l’usine polonaise du groupe Ardam-Electrolux a provoqué hier une vive inquiétude chez les 700 salariés revinois qui craignent une délocalisation prochaine de leur site. Pour tenter d’obtenir plus d’informations, ils ont « retenu » leur directeur pendant plusieurs heures. PHOTO : Lors du meeting de la CFDT : « L'heure est grave »
HIER matin au cours d'un CE chez Ardam-Electrolux, qui emploie 700 personnes à Revin, les syndicats ont appris que le groupe Electrolux allait investir trois millions d'euros pour le site jumeau de Revin installé en Pologne. Cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans le milieu syndical revinois qui s'est uni pour la circonstance. Du coup, l'intersyndicale a décidé de retenir dans la salle de réunion du CE, le directeur Mathieu Fidel, jusqu'à ce que les salariés aient de plus amples informations.
Ainsi hier en début d'après-midi au cours d'un meeting Lysian Fagis, secrétaire CFDT a expliqué la situation aux salariés. « Nos inquiètudes sont très sérieuses pour l'avenir de l'entreprise. Jusqu'à présent, le groupe avait toujours déclaré que Revin pourrait fabriquer les machines haut de gamme et une partie des moyennes gammes, soit 650.000 appareils à l'année ».
Le bas de gamme et le reste des moyennes gammes étant assurés par l'usine polonaise afin qu'elle puisse s'attaquer aux marchés émergents.
« Aujourd'hui des personnes dans le groupe n'ont pas joué le jeu, apparemment ils auraient lancé secrètement des investissements inverses à cette stratégie. Ainsi, après 56 millions d'euros d'investissements perçus, la Pologne, devrait en recueillir encore trois. Et comme si cela ne suffisait pas, la Pologne pourra fourni les pièces que nous leurs envoyons actuellement. Le groupe a pris la décision de pénaliser la rentabilité du site français en délocalisant, je pèse me mots », a grondé Lysian Fagis ».
Pour tous les syndicats de l'entreprise, l'heure est grave chez Ardam. D'ailleurs, ils ont demandé plus d'explications au directeur du site revinois, Mathieu Fidel qui déclarait ne pas être en mesure d'en donner. Du coup, l'intersyndicale a décidé de retenir le PDG dans la salle de réunion du CE, une bonne partie de la journée. « Nous retenons la directeur (il n'est pas sequestré) jusqu'à ce que le groupe nous donne une date de réunion de CCE extraordinaire afin que nous en sachions plus sur ces investissements en Pologne et sur les répercussions que cela peut avoir sur le site de Revin ».
Pour le leader de la CFDT locale, « Nous sommes dans une situation jamais connue à Revin, il s'agit purement et simplement de la délocalisation de l'usine. La menace est forte, mais maheureusement nous n'avons pas toutes les données. Dans un tel moment, l'unité doit être de mise ».
La section syndicale CGT représentée par Jean-Luc Cochard est sur la même longueur d'onde « On veut connaître les conséquences exactes pour Revin de ces nouveaux investissements en Pologne, on ne peut pas laisser passer cela ».
Dans un même élan, la majorité du personnel hier après-midi a débrayé pendant trois heures en signe de protestation.
Nous avons tenté de joindre la direction revinoise, mais l'assistante de Mathieu Fidel nous a expliqué qu'il était impossible de lui parler car « il était toujours en CE ».
Virginie Kiefer
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FO écrit à la préfète
Le syndicat Force ouvrière a déjà réagi hier à la nouvelle en écrivant à la préfète des Ardennes pour qu'elle puisse mettre en place le plus vite possible une réunion avec la directin, les organisations syndicales et les pouvoirs publics (dont les élus). « Il ne faudrait pas que Revin et la Vallée de la Meuse connaissent un nouveau drame économique par les délocalisations dans une région déjà fortement touchée par le chômage », a écrit Daniel Blondeau, secrétaire général de Force ouvrière.
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Les dernières contributions
calife51
02/03/2008 à 15h56
Tout va bien, dormez en paix braves gens!!!!
témoin
01/03/2008 à 21h24
Mon lave linge donne des signes de fatigue, je me prépare à le changer , mais je serais vigilante pas question d'acheter du matériel fabriqué par une entreprise délocalisée.
w_h
Charleville-Mézières
01/03/2008 à 11h22
"C'est comme ça", hélas. Et ça continuera tant qu'il y aura des gens prêts à tout (surtout à ne pas travailler) pour s'enrichir sur la sueur et la malchance des autres. Les fondamentaux de l'évangile selon Saint-Madelin, quoi.
ardennes 08
29/02/2008 à 16h23
C'est encore moi, lorsque nous avons été licenciés, j'avais écrit ces quelques lignes et aussi la musique
Quand ils sont partis tous à Paris.
Là on a compris que tout allait être fini,
Toutes ces années, on a tant donné
Que pour nous remercier nous allons être licenciés,
Oui mais dans nos coeurs, c'est notre labeur
Qui nous a permis de vivre jusqu'a aujourd'hui
Demain sera pour nous des pleurs dans les yeux
Car oui voyez-vous on apprendra à être heureux
Vous les actionnaires vous n'avez que faire
Des licenciements pour gagner encore plus d'argent
Non on ne veut pas que tout finisse comme ça
Nous on a rien fait pour mériter d'être virés
Voila c'est pas grand chose mais malheureusement
C'est comme ça
Un ancien
ardennes 08
29/02/2008 à 16h02
J'ai été embauché chez Arthur Martin en 1965 à Revin puis muté à Reims en 1982. Aujourd'hui je suis en pré-retraite car l'usine a été délocalisée en Roumanie en mars 2005, je ne veux pas être pessimiste mais on a vécu exactement la m^éme chose car tout ce qui compte c'est le profit, les ouvriers ne comptent pas. Je suis avec vous de tout coeur.
Un ancien