Publié le mardi 31 janvier 2012 à 12H00 - Vu 289 fois
Willi Balz a pour objectif de s'accaparer plus de la moitié du parc des 6 000 éoliennes offshore que prévoit d'installer l'Allemagne en mer du Nord et dans la Baltique.
Portrait de Willi Balz, en pôle position pour installer ses éoliennes en mer du Nord.
Il a le sourire, la mâchoire et les épaules du conquérant. C'est un athlète, 1,85 mètre pour 85 kg, fou d'automobile, de plaisance et de vol à voile. À 50 ans, Willi Balz et sa petite PME, Windreich Ag, pourraient bien être le principal fournisseur d'énergie du vent outre-Rhin.
Car, après avoir décidé la transition vers le non nucléaire, l'Allemagne se voit contrainte de mettre en œuvre sans tarder ce qu'il faut d'énergies renouvelables pour compenser la fermeture des onze centrales encore en activité. En misant, entre autres, sur les éoliennes au large.
Balz s'est engouffré dans la brèche, ouverte aux PME. C'est un expert dans la partie. 1 000 de ses éoliennes terrestres se dressent déjà en Allemagne, et quelques-unes à l'étranger. Mais l'enjeu cette fois est d'une autre nature.
Les épargnants se sont rué pour offrir leurs économies
Une sorte de vrai Monopoly, où il ne s'agit plus d'acheter dans la fiction hôtels, immeubles ou rues, mais de s'avancer à découvert sur des mises gigantesques. Dans ses bureaux, il montre volontiers des spots libérés en mer du Nord et mer Baltique par l'administration fédérale, 23, dont il compte bien rafler une bonne moitié. Une impressionnante batterie à venir de 6 000 éoliennes offshore.
La perspective est alléchante, alors qu'en France, on balbutie encore dans le domaine, du fait des atermoiements en haut lieu, des réglementations tatillonnes, de l'omniprésence d'Edf, même si un appel vient d'être lancé aux industriels pour le développement de 500 à 600 éoliennes en Manche et dans l'Atlantique.
Conscient de l'énorme défi, le gouvernement de Mme Merkel n'a pas tardé à dégager un crédit de 5 milliards d'euros, à accélérer les procédures et garantir de payer à bon prix chaque kWh produit.
Pour amorcer son tout premier parc offshore, baptisé Global Tech 1, Willi Balz a pris un crédit personnel de 75 millions, engagé une partie de ses biens, fait appel aux épargnants, lesquels n'ont pas tardé à faire la queue au guichet pour lui prêter leurs économies. Particuliers, caisses de retraite, entreprises, riches familles, ont été attirés par un rendement de 6,5 % sur 5 ans - mise minimum 1 000€ -.
Et a réussi sans peine à amener les banques dans le bateau. Elles couvriront le reste, soit un investissement total de 1,6 milliard d'euros pour cette ferme inaugurale.
Construire des éoliennes en mer coûte cher. Ne serait-ce que par les études d'impact sur fond, faune, flore, sur la pêche locale, le trafic maritime et le tourisme (20 à 30 millions d'euros). Sans parler de la difficulté et des risques de la construction en mer.
La mer du Nord offre cependant un territoire approprié. Profonde de 50 m au plus, constamment ventée, les turbines tournent déjà à force 3. Une station test a fourni 5 % d'énergie en plus que prévu. Une fois ancrées à 100 km des côtes, les tours seront probablement aussi rentables que les centrales nucléaires à raison de 1,4 milliard de kWh produits par an (garantie de rachat : 15 centimes le kWh).
Herr Balz n'a peur de rien, même pas des quatre géants de l'électricité allemands bien plus argentés. Mais trop empêtrés dans la difficile reconversion vers l'abandon du nucléaire, qui leur est tombé sur la tête comme un coup de massue. Et, dès l'été dernier, la société Windreich AG pouvait annoncer avoir clôturé le financement du projet. Si tout se déroule comme prévu, les premières turbines seront branchées au réseau dès 2012.
L'éolien assurant déjà 6,2 % des besoins d'électricité nationaux (2010), l'Allemagne vise 20 % à terme. Parti de rien, ayant grandi dans la ferme paternelle, un diplôme d'ingénieur en poche, Balz en sera probablement un « acteur » majeur. Entre-temps, il a offert une turbine à chacune de ses filles, qui leur assure 20 000 € d'argent de poche par mois.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez