Publié le samedi 07 mars 2009 à 01H00 - Vu 33 fois
CINÉPHILES, vous ne connaissez peut-être pas la revue Versus et c'est dommage. Mais vous avez des circonstances atténuantes car, même si elle existe déjà depuis 2002, cette publication (plus ou moins) trimestrielle n'est en kiosque que depuis l'avant-dernier numéro, c'est-à-dire depuis novembre 2008 lorsque Versus avait sorti un dossier sur les « films de présidents » et mis en couverture la photo de Josh Brolin, l'acteur qui interprète le rôle de Bush dans le W d'Oliver Stone. Auparavant, elle n'était vendue que par abonnements ou dans les librairies spécialisées cinéma.
Son titre complet est « Versus, contrepoint de vue sur le cinéma », ce qui laisse deviner un credo assez radical : une revue qui se classe dans la « presse parallèle, loin de tout copinage journalistique, ayant une tonalité aussi engagée qu'enragée, qui prend son temps pour décrypter avec férocité - mais aussi avec équité - tous les grands moments pelliculés ». Avec Versus, on est loin du « défilé de stars glamour sans intérêt en couverture », comme le pratiquent les revues de cinéma grand public, explique son rédacteur en chef,
Plus le fond que la forme
C'est Stéphane Ledien, un Parisien fondu de cinéma, qui a lancé Versus et qui éponge d'ailleurs les pertes lorsque la facture de l'imprimeur dépasse les recettes ! Car Versus, face aux Première, Studio, etc. est un petit Poucet totalement indépendant, sans subvention, et exempt de toute pub commerciale ; seule est acceptée un peu de promo pour les festivals et les partenaires distributeurs films ou DVD en intérieur de la jaquette.
Une dizaine de rédacteurs disséminés un peu partout en France écrivent bénévolement (!) pour la revue. Et parmi cette brigade de samouraïs du 7e art, figure le Carolo Alexandre Paquis, 29 ans.
C'est pendant qu'il était en maîtrise arts du spectacle à la fac de Metz qu'il a commencé à collaborer à Versus.
On pourrait penser que ses rédacteurs sont tous une bande d'intégristes, pas drôles (les pages intérieures sont imprimées en noir et blanc pour justement davantage focaliser l'attention du lecteur sur le fond que sur la forme !).
Le dernier Sophie Marceau : « Aucun intérêt ! »
Mais au contraire. Alexandre Paquis est même un fan de comédies. « J'ai fait mon mémoire de maîtrise sur la popularité du cinéma comique français de 1960 à 1985. J'ai essayé de savoir pourquoi des films comme La Grande Vadrouille, Le Corniaud et bien d'autres… ont tant marché à cette époque.
» Ce qui ne l'empêche pas de signer dans le dernier numéro de Versus un très sérieux papier sur le réalisateur anglais Danny Boyle (Slumdog Millionnaire), de remettre en perspective le visionnaire Wall Street d'Oliver Stone avec la crise financière actuelle et de donner un point de vue (bienveillant) sur le dernier film de Clint Eastwood.
« Ce qui me plaît dans Versus, c'est que c'est une revue qui évite les formules chocs et les trucs pour faire vendre. On s'intéresse plus particulièrement au cinéma politique et social. En fait, on ne parle que de ce qu'on aime. Par exemple, on ne dira rien sur le film de Sophie Marceau qui n'a aucun intérêt ! »
Alexandre Paquis a réalisé plusieurs courts métrages (visibles sur son blog).
Il est par ailleurs depuis cinq ans assistant d'éducation à l'école de Tournes où il a monté pas mal de projets cinéma avec les classes.
Il va passer prochainement le concours pour devenir professeur des écoles. Ses futurs élèves entendront forcément parler de cinéma…
Patrick Flaschgo
Versus n° 15, dossier guerilla, 4 euros. Voir aussi sur www.versusmag.fr (lien avec le blog d'Alexandre Paquis).
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