Publié le vendredi 19 décembre 2008 à 01H00 - Vu 4 fois
Les syndicalistes de la CGT sont inquiets. Comment les 190 salariés vont-ils pouvoir tenir ?
Jean-Yves BARZIC
AKERS n'échappe pas au marasme actuel. Arcelor Mittal son principal donneur d'ordres (il lui achète 60 % de sa production) ayant décidé de restreindre ses commandes, la production annuelle qui tournait autour de 950 cylindres tombera en 2009 à quatre cents. Seuls trente-six cylindres sont prévus pour le premier trimestre.
Une capacité qui ne justifie évidemment pas l'emploi à plein-temps du personnel. D'où la décision de Pascal Van Der Porte, directeur du site de recourir au chômage partiel, décision qu'il a annoncée aux représentants des syndicats CGT et CFDT.
Trois semaines de fermeture
Concrètement, dès le début de janvier, l'usine de l'avenue de la Marne sera fermée durant trois semaines, les salariés ne travaillant que la quatrième semaine. Il en serait également ainsi en février et en mars. Un chômage partiel qui touche également l'usine de Thionville où l'on observera deux jours chômés par semaine
Pour l'instant, les sites de Berlemont et de Fraysse échappent à ces mesures de restriction. L'inquiétude des syndicats est d'autant plus grande qu'ils ont appris que soixante employés d'Akers Stykebruk, en Suède, venaient d'être licenciés. À l'évidence, le groupe fait le gros dos, face à la dégradation de la demande, dégradation dont malheureusement nul ne prévoit l'évolution.
Jean-François Kampinski, Stéphane Amouni et Bernard Guidez de la CGT sont terriblement préoccupés par ces perspectives bien sombres : « Une entreprise qui demeure fermée pendant trois semaines a du mal à redémarrer. Certes l'usine est viable tant que les outils sont en état de marche, avec un personnel qualifié… À condition que cette mauvaise passe ne s'éternise pas…
En attendant, les salariés se demandent comment ils vont pouvoir s'en sortir financièrement !
C'est la première fois que le chômage partiel dure si longtemps. Sachant que le salaire moyen brut d'un agent de production est d'environ 1500 euros, et que soixante pour cent du salaire, dans le cadre des conventions entre l'Etat et les entreprises seront pris en charge, le manque à gagner n'est pas négligeable. Electronicien depuis 2006, Jean Beauvois, marié et père de deux enfants verra son salaire de 1.600€ réduit à quelque 1.100€. « Ma femme travaille à mi-temps et j'ai payé ma maison… mais j'ai un collègue qui va également toucher mille euros et qui a sept cents euros de crédit sur son appartement. Comment va t-il faire ? »
Didier Herbillon, maire de Sedan s'est informé auprès de la direction des problèmes que rencontrait le plus gros employeur privé de la ville.
« Nous allons procéder à un état des lieux, souligne Pascal Van der Porte. Il s'agit d'un schéma malheureusement classique, en temps de crise. Akers ne peut se mettre en péril économique. Le chômage partiel permet d'assurer la pérennité du site. »
Sales fêtes de fin d'année pour les Akers…
J.-Y.B.
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